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J’interpelle la Commission : « gratuit pour les jeunes » ne doit pas rester une loterie pour 41 000 élus

Europe · · · Éditorial

Ouest-France relaie ce dimanche l'idée que voyager en Europe est gratuit pour les jeunes, à propos d'une Maison de l'Europe qui suscite des envies de départ. Le dispositif DiscoverEU, financé par l'Union européenne, offre un pass Interrail aux seuls jeunes de 18 ans. La session d'automne, close le 15 octobre, proposait près de 41 000 titres pour toute l'Europe.

J’interpelle la Commission européenne sur une promesse trop courte. « Voyager en Europe c’est gratuit pour les jeunes » : la formule titre ce dimanche un article d’Ouest-France sur une Maison de l’Europe qui donne aux visiteurs des envies de départ. Elle est exacte pour quelques-uns. Elle laisse croire que c’est vrai pour tous. Les chiffres du dispositif le contredisent mieux que n’importe quel slogan.

Le dispositif s’appelle DiscoverEU. Lancé en 2018 à l’initiative du Parlement européen, il est intégré à Erasmus+. Il ne s’adresse qu’aux jeunes de 18 ans. La session d’automne visait ceux nés en 2008. Les candidatures couraient du 1er au 15 octobre, pour près de 41 000 titres de transport, utilisables de mars 2027 à mai 2028. Quiconque découvre l’offre aujourd’hui a manqué la fenêtre.

Regardons la session d’avril. La Commission proposait 40 898 titres, dont 5 660 pour les Français. Les Italiens ont déposé 42 744 dossiers, soit plus que tous les titres disponibles. Les Allemands en ont déposé 39 353, les Polonais 23 459. Selon Toute l’Europe, 28,8 % des candidats français ont décroché leur billet. Plus de sept jeunes sur dix sont donc restés sur le quai. On appelle cela une sélection. On ne peut pas appeler cela un droit.

J’interpelle la Commission sur la clarté de cette sélection. Dans son communiqué d’avril, elle parle de titres proposés suivant le classement des candidats, dans la limite des billets. Infos Jeunes et Économie Matin évoquent un tirage au sort après un quiz. Les sources divergent aussi sur la taille des groupes, quatre ou cinq personnes selon les pages. Une page de l’agence Erasmus+ France annonce 10 000 bénéficiaires par an, quand la Commission chiffre chaque session à près de 41 000 titres. Un jeune qui joue son été sur un quiz doit savoir ce qui décide. Il doit aussi savoir ce que le mot « gratuit » recouvre : un pass de sept jours de train, consécutifs ou non, dans une période de trente jours au plus.

La Commission annonce pour la première fois une nuit gratuite en auberge de jeunesse pour les 250 candidats les mieux classés de tous les pays. Le geste est bienvenu. Il profite pourtant à une infime fraction des participants, et il récompense encore le classement plus que le besoin.

J’interpelle le gouvernement français, dont l’Agence du Service Civique gère le dispositif dans le pays selon Économie Matin. Un salon étudiant comme celui du Val d’Europe, qui a attiré des milliers de jeunes ce week-end, touche ceux qui viennent déjà s’informer. Qui va chercher les autres ? Le volet DiscoverEU Inclusion permet à des structures jeunesse de financer des voyages en train pour des jeunes qui ont moins d’opportunités. Nous n’avons trouvé, dans les sources consultées, aucun chiffre public sur son ampleur. Ce silence est une information en soi.

J’interpelle enfin Bruxelles et Paris, et je demande des actes vérifiables. Que la Commission publie, avant la prochaine session, la méthode exacte d’attribution des titres. Qu’elle donne, pays par pays, le nombre de candidats et de titres, comme pour avril. Qu’elle rende public le nombre de voyages financés par DiscoverEU Inclusion. Que le gouvernement français dise combien de jeunes ont été informés hors des salons, des lycées et des réseaux déjà acquis à l’Europe. Qu’on cesse de vendre une Europe gratuite quand elle se gagne sur dossier. Qu’on la rende enfin accessible.

Ouest-France, 1er novembre 2026; crazy radio, 1er novembre 2026; Toute l'Europe, octobre 2026; Représentation de la Commission européenne en France, 1er octobre 2026; Économie Matin, octobre 2026; Infos Jeunes

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de T.R..