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J’appelle l’État à garantir une vraie retraite aux travailleurs handicapés des ESAT

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Ouest-France consacre ce dimanche 1er novembre un article à la retraite des travailleurs handicapés, qu'il présente comme un enjeu de société. En ESAT, les travailleurs n'ont pas le statut de salarié mais disposent de droits à la retraite. Des professionnels du secteur constatent que beaucoup ignorent comment ces droits s'exercent.

J’appelle le gouvernement à regarder en face celles et ceux qui travaillent en établissement et service d’aide par le travail, les ESAT, et qui doivent un jour s’arrêter. Ce dimanche, Ouest-France consacre un article à la retraite des travailleurs handicapés, qu’il range parmi les enjeux de société. Son titre reprend une idée simple : il faut pousser les portes, s’il le faut. Que des portes doivent être poussées dit déjà ce qu’elles sont : closes.

Posons le cadre. Une personne qui travaille en ESAT n’est pas salariée. Elle a le statut d’usager du secteur médico-social et signe un contrat de soutien et d’aide par le travail. Pas de contrat de travail, donc. Elle a pourtant des droits à l’assurance maladie, à la retraite et au compte personnel de formation, et ne cotise pas à l’assurance chômage, rappelle Previssima. Un statut à part, avec des droits qui ne se déclenchent pas tout seuls.

Cette distinction a un prix. Lors d’une journée professionnelle organisée par Andicat, que relaie Le Média Social, le constat est posé sans détour : « Beaucoup croient que c’est l’employeur qui s’en occupe. » Les ESAT accueillent un public vieillissant, et le passage à la retraite reste, pour les travailleurs handicapés, une source d’inquiétude. On s’inquiète d’autant plus qu’on ignore qui sera là pour vous guider.

J’appelle à ce que cette ignorance cesse d’être la règle. Des acteurs s’y emploient. Le réseau Réseaux d’Avenir rassemble des établissements et des services qui mettent en œuvre la démarche Un Avenir Après le Travail, pour accompagner les personnes vers la retraite. C’est précieux. Mais une démarche portée par la bonne volonté des structures n’est pas un droit garanti à chacun, quels que soient son département et son établissement.

Les règles elles-mêmes demandent un guide. Selon des éléments de la Direction générale de la cohésion sociale, relayés par une association, un ancien travailleur d’ESAT peut prétendre au taux plein en demandant sa pension pour incapacité permanente dès 60 ans, pour inaptitude dès 62 ans, ou en remplissant les conditions de la retraite anticipée des travailleurs handicapés. Un magazine spécialisé décrivait en 2018 un autre mécanisme : si la pension dépasse l’allocation aux adultes handicapés, celle-ci disparaît, sinon elle est réduite. L’Adapei 01 précise qu’un travailleur d’ESAT peut cumuler sa rémunération garantie et sa pension. Chacun de ces seuils est un piège pour qui n’est pas accompagné.

Cette liberté de cumul est une bonne chose, à condition d’être un choix. Elle devient un renoncement si l’on reste à l’atelier faute de savoir ce que l’on toucherait en partant, ou faute d’un lieu où aller. Je ne prétends pas que ce soit le cas partout. Je dis que personne ne peut le vérifier, car aucun chiffre public, dans les sources consultées, ne permet de le mesurer.

J’appelle le ministère chargé des personnes handicapées à imposer, avant l’âge d’ouverture des droits, un entretien individuel et un récapitulatif écrit pour chaque travailleur d’ESAT : pension estimée, devenir de l’allocation, possibilité de cumul. Un document remis en main propre, daté, que la personne et sa famille peuvent opposer à l’administration. C’est une mesure simple, et elle se vérifie : on compte les entretiens, on compte les documents.

J’appelle aussi le Parlement à exiger chaque année un état chiffré : combien de travailleurs d’ESAT partent à la retraite, avec quelle pension, et ce qu’il leur reste pour vivre une fois l’allocation recalculée. J’appelle à ce que le financement de l’accompagnement vers la retraite soit inscrit en toutes lettres dans les budgets des établissements, et non laissé à l’initiative de chacun.

Ces femmes et ces hommes ont travaillé. Ils méritent de partir en connaissant leurs droits, et non en les devinant. Qu’on cesse de leur demander de pousser eux-mêmes les portes. Qu’on les ouvre, par écrit, avant l’heure.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de A.D..