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Je m’indigne qu’à deux jours des midterms, on prépare déjà l’Amérique à ne pas croire ses urnes

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Les Américains votent mardi 3 novembre pour les élections de mi-mandat, qui renouvellent les 435 sièges de la Chambre des représentants. Le 26 octobre, Donald Trump a promis un million de dollars pour toute information menant à une condamnation pour fraude électorale. Le gouvernement a évoqué un déploiement d'agents de l'ICE ou de la garde nationale près des bureaux de vote, et des observateurs, dont l'OSCE, s'inquiètent d'entraves au vote.

Je m’indigne qu’à deux jours d’un scrutin qui renouvelle les 435 sièges de la Chambre des représentants, le soupçon soit devenu un instrument de pouvoir. Mardi 3 novembre, les Américains votent. Et le résultat est déjà contesté, avant même que la première urne ait été ouverte.

Lundi 26 octobre, le président a promis sur Truth Social un million de dollars à quiconque fournirait une information menant à une condamnation pour fraude électorale, qu’elle concerne des scrutins passés ou ces midterms. Cette prime est offerte depuis le sommet de l’État, sur un sujet que la justice a déjà largement examiné : après la présidentielle de 2020, des dizaines de recours alléguant des fraudes ont été rejetés par les tribunaux. Franceinfo y voit la dernière tentative en date de jeter le doute sur le scrutin, alors que le parti présidentiel risque de perdre la Chambre, peut-être le Sénat.

Je m’indigne que l’on installe ce climat sans base constitutionnelle. La Constitution ne donne aucun pouvoir au président dans l’organisation des élections, confiée aux États. Pourtant, le gouvernement fédéral a évoqué l’envoi d’agents de l’ICE, la police de l’immigration, ou de la garde nationale près des bureaux de vote. Des agents fédéraux se présentent aussi au domicile d’habitants pour les interroger sur leur citoyenneté et leur historique de vote. Un électeur qui craint de franchir la porte de son bureau de vote n’est plus tout à fait libre.

Le lendemain du scrutin réserve d’autres inquiétudes. Selon Le Devoir, des agents fédéraux pourraient demander à des juges l’autorisation de saisir des bulletins ou des machines, en invoquant des soupçons de fraude. Le précédent existe : en janvier, le FBI a saisi en Géorgie des bulletins et des documents électoraux datant de 2020. Le même journal rappelle que la justice peut s’opposer à toute perturbation du décompte. Voilà donc le dernier rempart : des magistrats, appelés à arbitrer ce que l’exécutif aurait dû s’interdire de provoquer.

Je m’indigne enfin que les cartes soient tracées avant que les électeurs ne parlent. Le redécoupage partisan des circonscriptions est le premier sujet d’inquiétude que pointent de nombreux observateurs, dont l’OSCE. La législature de Caroline du Nord a redessiné ses cartes à la demande de Donald Trump, qui a appelé des États républicains à faire de même. Des ripostes ont suivi dans d’autres États, mais selon les synthèses disponibles, le bilan d’ensemble a favorisé les républicains. L’Aurore ne passe pas ces ripostes sous silence. Une surenchère ne rend pas pour autant le procédé acceptable.

Reste un décompte que l’on voudrait ignorer. Selon le New York Times, relayé par une newsletter consacrée à la vie politique américaine, Donald Trump a mis en doute l’intégrité des élections pendant 460 jours de son second mandat, soit environ sept jours sur dix. Une telle répétition produit un effet, quelles que soient les intentions : elle habitue l’opinion à n’accepter un verdict que s’il lui convient. Or une démocratie tient d’abord à cela, accepter le résultat quand il déplaît.

Que faire, à quarante-huit heures du vote ? Exiger des actes précis, que chacun pourra vérifier mardi soir. Il faut que l’administration fédérale s’engage par écrit, avant le scrutin, à tenir les agents de l’ICE et la garde nationale à distance des bureaux de vote. Il faut que toute saisie de bulletins ou de machines ne soit possible que sur décision d’un juge, rendue publique. Il faut que le décompte aille à son terme et que les résultats certifiés par les autorités de chaque État soient reconnus. Il faut que les observateurs de l’OSCE aient accès aux opérations et publient leurs conclusions sans délai. Il faut enfin que le gouvernement français et l’Union européenne disent dès maintenant qu’ils tiendront pour valides les résultats certifiés par les États.

Ces demandes sont modestes. Elles ne réclament rien d’autre que ce que la Constitution américaine prévoit déjà : un vote organisé par les États, compté par les États, jugé par les tribunaux. Le scrutin de mardi appartient aux électeurs, pas à ceux qui le commentent d’avance.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de Yvan T..