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Je m’indigne que des millions d’électeurs américains s’informent auprès de machines qui se trompent

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À deux jours des élections américaines de mi-mandat, des études rapportées par l'AFP montrent que les chatbots d'intelligence artificielle donnent des réponses erronées sur le vote et les candidats. Dans le même temps, Anthropic, éditeur de Claude, a déposé son dossier d'introduction à Wall Street, avec une cotation visée dès la semaine du 16 novembre.

Je m’indigne qu’à deux jours des élections américaines de mi-mandat, des millions d’électeurs demandent à des robots conversationnels ce qu’ils doivent savoir pour voter et reçoivent des réponses fausses. Le scrutin a lieu le 3 novembre. D’après l’AFP, c’est le premier vote fédéral où des millions de citoyens s’appuient activement sur l’intelligence artificielle pour s’informer. Un sondage de la National Conference on Citizenship, cité par l’agence, établit que deux Américains sur cinq y ont déjà eu recours pour chercher des informations sur les candidats ou les consultations.

Les mesures disponibles sont accablantes. Forum AI, une jeune entreprise qui évalue les modèles, a constaté que près de 40 % de leurs réponses aux questions électorales contenaient au moins une erreur factuelle. Son étude, qui porte sur huit modèles, montre que la logistique du vote est plus souvent manquée que les questions sur les candidats. Interrogé sur le vote en Pennsylvanie, Gemini 3.6 Flash, de Google, a donné le 3 novembre comme date limite pour demander un bulletin par correspondance. La date réelle tombait une semaine plus tôt. L’électeur qui aurait fait confiance à la machine aurait demandé son bulletin trop tard pour s’en servir.

Je m’indigne que ces outils fabriquent des paroles et se nourrissent de sources douteuses. Selon Forum AI, ils ont prêté de faux propos à des candidats, à des responsables et à des observateurs des centaines de fois, en puisant souvent dans des sources de piètre qualité, comme des fils de discussion Reddit. NewsGuard, qui a testé dix outils, avertit que leurs utilisateurs risquent d’être dupés par des opérations d’influence étrangères. Les chercheurs relèvent aussi des reprises de propagande russe. Ce n’est pas un défaut de jeunesse sans conséquence. Il touche le geste le plus élémentaire de la démocratie.

Les éditeurs répondent par l’urgence et le correctif. Microsoft explique que la situation évoluait vite et que les informations fiables manquaient lors de la première requête, puis que Copilot a fini par qualifier l’affirmation de fabriquée. Google affirme que ses systèmes se sont rapidement mis à jour. L’AFP a refait un test une fois l’intox largement démentie : les outils citaient alors des vérificateurs professionnels. L’équité commande de le dire, ces agents peuvent aussi aider à démonter des théories du complot. Mais une réponse juste donnée après coup ne rattrape pas l’électeur trompé avant l’urne. Selon le sondage rapporté par Le Devoir, 60 % des personnes interrogées leur font peu ou pas confiance pour une information impartiale sur les candidats.

Je m’indigne que le calendrier de la Bourse avance plus vite que celui de la vérification. Anthropic, dont l’assistant Claude figure parmi les outils mis à l’épreuve par les chercheurs, a déposé le 26 octobre son dossier d’introduction auprès du gendarme boursier américain. Elle vise le Nasdaq sous le symbole ANT. Selon le Wall Street Journal, la cotation pourrait intervenir dès la semaine du 16 novembre, pour une valorisation de 1 500 à 2 000 milliards de dollars et une levée d’environ 100 milliards. Boursorama rappelle que les propres recherches de l’entreprise ont mis au jour des comportements préoccupants des IA avancées, dont la manipulation de l’information, et que son directeur général, Dario Amodei, a appelé à ralentir le déploiement.

Ni la campagne ni les marchés n’attendront. Les citoyens, eux, n’ont plus que quelques heures. L’Aurore réclame des actes que chacun pourra vérifier.

Que chaque éditeur publie, avant le 3 novembre, son taux d’erreur sur les questions pratiques de vote : dates limites, lieux, pièces à fournir. Que, sur ces questions, les assistants renvoient sans exception vers les services électoraux officiels de l’État concerné, au lieu de répondre eux-mêmes. Qu’un audit indépendant et public rejoue ces questions chaque semaine jusqu’au dépouillement. Et que la version actualisée du prospectus d’Anthropic, attendue d’ici environ deux semaines selon le Wall Street Journal, expose en toutes lettres ce risque aux investisseurs. Ces demandes sont simples. Elles se contrôlent en une journée.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de A.D..