J’exige que les 2 euros prélevés sur chaque colis financent de vrais contrôles, chiffrés et publics
Une nouvelle taxe de 2 euros s'applique depuis le dimanche 1er novembre à tous les colis arrivant dans l'UE depuis un pays tiers. Elle s'ajoute aux 3 euros déjà en vigueur depuis juillet, soit 5 euros par catégorie d'articles. Ces frais de traitement doivent financer un renforcement des contrôles douaniers.
J’exige d’abord que l’on nous dise ce que ces euros achètent. Depuis ce dimanche, l’Union européenne facture des frais de traitement sur les envois venus de pays tiers. Ils concernent les ventes à distance, quelle que soit la valeur des articles commandés. La mesure vise les plateformes chinoises. Elle est présentée comme une défense des commerçants européens et des consommateurs. Un dispositif aussi large, appliqué à des millions de petits paquets, ne se contente pas d’une promesse.
La mécanique est simple, et c’est le consommateur qui la voit en premier. L’UE facture par ligne de déclaration et non par colis : dix t-shirts identiques ne coûtent que 2 euros. Deux t-shirts et un parfum coûteront 10 euros de taxes au lieu de 6. Franceinfo rapporte que la mesure divise les consommateurs. Une cliente interrogée par la chaîne dit avoir passé commande avant la hausse. La taxe se paie dès la caisse. Les garanties, elles, restent à prouver.
J’exige donc de connaître la part des recettes qui ira réellement aux contrôles. Les sources avancent que la redevance financera la surveillance de la sécurité et de la conformité des produits. Une autre précise ceci : sur l’argent collecté, 75 % ira au budget de l’UE et 25 % resteront aux États. Ces deux affirmations ne s’excluent pas. Mais aucune ne dit combien d’agents, de scanners ou d’analyses de laboratoire sortiront de ces recettes. Un jouet dangereux ou un chargeur non conforme n’est pas arrêté par une ligne de budget général.
Le premier effet annoncé est massif. Selon l’Observatoire de l’Europe, la taxe de 3 euros aurait fait chuter de 60 % les importations de petits colis en trois mois. Si ce chiffre est exact, la pression sur les flux est réelle. Mais un flux qui baisse ne dit rien de la qualité de ce qui passe. Il reste des millions de paquets à examiner, et c’est sur l’inspection, non sur le ralentissement du commerce, que le public doit juger cette politique.
J’exige aussi que la règle soit la même pour tous. Franceinfo note que les effets varient selon les plateformes, notamment celles qui disposent déjà d’entrepôts en Europe. Une taxe pensée contre un modèle d’expédition ne doit pas épargner ceux qui l’ont contourné, ni frapper davantage le petit vendeur sans logistique européenne que le géant installé. Les institutions doivent publier, plateforme par plateforme, ce que chacune a versé.
Le calendrier ajoute une réserve. La redevance est temporaire et durera jusqu’en 2028, quand un nouveau système informatique douanier deviendra opérationnel. Deux ans de recettes, donc, avant qu’un outil durable ne prenne le relais. Deux ans pendant lesquels la confiance des citoyens dépendra de la clarté des comptes. Une taxe provisoire sans bilan d’étape devient vite une habitude.
Je ne demande pas l’abandon de la mesure. Je demande qu’elle rende des comptes. Il faut un rapport public, chaque trimestre, avec le nombre de colis inspectés, le nombre de produits non conformes retirés du marché et la part des recettes versée aux services de contrôle. Il faut la ventilation par plateforme. Il faut un rendez-vous parlementaire avant 2028 pour décider de la suite.
J’exige que ces engagements soient pris maintenant, par écrit, devant les États membres et devant les citoyens qui paient. Une taxe qui protège doit pouvoir se vérifier. Tant que ces chiffres manquent, les 2 euros restent un prélèvement dont l’usage échappe à ceux qui le supportent.
franceinfo; CNews, 26 octobre 2026; L'Essentiel, 1er novembre 2026; Observatoire de l'Europe, 1er novembre 2026; Les Echos, 1er novembre 2026
- À partir du 1er novembre, les petits colis importés seront davantage taxés (franceinfo)
- A partir de dimanche, l'UE appliquera une nouvelle taxe de 2 euros sur les colis achetés en ligne (CNews)
- L'UE imposera des frais de 2 € sur tous les colis entrant dans l'Union à compter du 1er novembre (Observatoire de l'Europe)
- Colis importés dans l'UE: de nouveaux frais de traitement entrent en vigueur (L'Essentiel)
Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de A.D..