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Je refuse que le Sahara devienne un échange de veto et de sanctions sur le dos des réfugiés

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Le 30 octobre, le Conseil de sécurité a voté sur un projet de résolution américain concernant le Sahara occidental : onze voix pour, une contre, trois abstentions, puis un veto russe. Le lendemain, le représentant républicain Joe Wilson a demandé que le Polisario soit classé organisation terroriste étrangère et que l’Algérie soit visée par les sanctions de la loi CAATSA. Il s’agit d’une prise de position d’un parlementaire, et les sources consultées ne mentionnent aucune décision officielle de Washington.

Je refuse que la paix au Sahara occidental se règle à coups de veto. Vendredi 30 octobre, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté sur un projet de résolution américain. Onze voix pour, une contre, trois abstentions. Un seul membre permanent a suffi à tout arrêter : la Russie. Le texte est tombé. Avec lui, c’est la possibilité d’une discussion de fond qui s’est refermée, sur un dossier que le Conseil traite depuis des années sans le résoudre.

Le lendemain, samedi 31 octobre, un élu républicain de Caroline du Sud, Joe Wilson, membre de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, a réagi sur le réseau X. Il réclame que le Polisario soit désigné organisation terroriste étrangère. Il demande aussi que l’Algérie soit frappée de sanctions au titre de la CAATSA, loi américaine de 2017 qui permet de viser les pays achetant des armes russes en quantité significative. Notons ce que cela est : la demande d’un parlementaire. Les sources consultées ne font état d’aucune décision de l’exécutif américain.

Je refuse qu’un message publié sur un réseau social tienne lieu de politique étrangère. Il ne vaut ni sanction, ni stratégie, ni solution. Mais il révèle un réflexe : l’échec d’un vote à New York est aussitôt converti en menace contre un État tiers. On cherche un coupable avant de chercher un compromis. Le Conseil de sécurité existe pour l’inverse.

Les récits divergent, et il faut le dire. Des médias marocains présentent la demande de l’élu comme une réplique logique au blocage russe, et rappellent que l’Algérie serait le premier client de l’armement russe en Afrique. La presse algérienne y voit une agression et conteste la légitimité de l’élu. Côté diplomatique, l’ambassadeur d’Algérie à l’ONU, Amar Bendjama, a dénoncé un projet américain taillé « sur mesure » pour le Maroc, et le parallèle avec la Palestine fait partie de son argumentaire. Chaque camp lit le même vote avec ses certitudes. Personne, dans ces échanges, ne parle de ce que le Conseil doit désormais décider.

Je refuse que les réfugiés sahraouis servent de variable d’ajustement. M. Bendjama a averti d’une « triple peine » pour eux, si le HCR était embarqué dans l’initiative américaine. Un site d’information algérien rapporte par ailleurs qu’un responsable républicain a menacé de suspendre l’aide humanitaire aux camps. Ce propos ne nous est connu que par ce média partisan, et nous le signalons avec prudence. Mais l’alerte suffit : l’aide vitale ne se négocie pas, ne se conditionne pas, ne se suspend pas pour obtenir un résultat politique.

Rappelons le calendrier. La résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025, avait prorogé le mandat de la Minurso jusqu’au 31 octobre 2026. L’Algérie n’avait pas pris part au vote, pour marquer sa distance avec un texte qui, selon elle, ne reflétait pas la doctrine onusienne de la décolonisation. Un an plus tard, à la date butoir, un nouveau texte est bloqué. Les sources que nous avons consultées ne disent pas ce qu’il advient du mandat. C’est pourtant la première question, et elle appelle une réponse publique.

Je refuse enfin que cette incertitude dure. J’attends du Conseil de sécurité qu’il fixe sans délai une nouvelle séance et dise clairement quel est le statut de la mission sur le terrain. J’attends de l’administration américaine qu’elle précise si les demandes de ce parlementaire engagent ou non sa politique. J’attends des États membres que l’aide aux camps de réfugiés soit déclarée hors de toute négociation. J’attends enfin que toute reprise du processus politique entende l’ensemble des parties, sahraouies comprises, dans le cadre du droit international.

Un veto est un droit. Il n’est pas un programme. Quand le blocage devient la seule réponse, ce sont les populations qui paient. Les populations n’ont pas voté à New York, et elles n’ont rien à gagner à une escalade de sanctions.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de Louis R..