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Je dénonce une droite qui débat de sa primaire sans règles, sans date et sans périmètre

Europe · · · Éditorial

Invité d'Europe 1 ce 30 octobre, Georges Fenech juge qu'une primaire à droite serait dévastatrice. Bruno Retailleau, désigné candidat LR en avril, se dit favorable à une primaire de la droite et du centre, à condition qu'Édouard Philippe y participe. Ce dernier la refuse jusqu'ici, comme Xavier Bertrand.

Je dénonce une droite qui discute de sa primaire comme on repousse un rendez-vous : sans règles, sans calendrier, sans périmètre. Ce vendredi, Georges Fenech affirme sur Europe 1 que «C’est dévastateur une primaire». La phrase n’est pas une analyse, c’est un symptôme. Le camp qui entend gouverner la France ne sait pas comment il choisira son candidat.

Rappelons les faits. Le 19 avril 2026, les adhérents des Républicains ont désigné Bruno Retailleau pour 2027, avec 73,8 % des voix. La question devait être close. Elle ne l’est pas. Cette semaine, il s’est dit favorable à une primaire de la droite et du centre, mais seulement si Édouard Philippe y participe. Il se dit persuadé de le battre, et promet de soutenir le vainqueur.

Je dénonce cette condition, qui ressemble à une porte verrouillée de l’intérieur. Édouard Philippe refuse jusqu’ici toute primaire. Subordonner le processus à la présence du seul acteur qui l’écarte, c’est promettre un vote qui n’aura pas lieu. Xavier Bertrand a lui aussi officialisé sa candidature fin août en refusant toute primaire. David Lisnard, candidat de Nouvelle Énergie, la réclame depuis deux ans. Laurent Wauquiez, qui a mis de côté sa propre candidature en mai, plaide pour elle.

Gabriel Attal a proposé une « grande primaire des démocrates », ouverte à ceux qui partagent un socle de valeurs, jusqu’aux électeurs de Raphaël Glucksmann. Les camps Philippe et Retailleau l’ont écartée. L’entourage du candidat LR l’a jugée « fantaisiste et ridicule ». On peut critiquer le périmètre. On ne peut pas, dans le même temps, réclamer un périmètre et refuser d’en discuter un.

Il y a plus grave que l’impasse : l’incohérence. Il y a quelques semaines, Bruno Retailleau rappelait que ses militants l’avaient choisi sans passer par une primaire. Il l’accepte aujourd’hui, sous réserve. Laurent Wauquiez avait pourtant prévenu que la dispersion des candidatures de droite au premier tour conduisait à l’échec. L’avertissement date de plusieurs semaines. Le blocage, lui, demeure.

Je dénonce la méthode. Un sujet qui engage l’élection présidentielle se traite à coups de petites phrases au micro, une condition posée un jour, un refus le lendemain. Aucune procédure publique n’existe. Aucun texte ne dit qui voterait, selon quelles règles, ni à quelle date. L’horizon de janvier évoqué par Bruno Retailleau n’est pas un calendrier, seulement une indication. Chacun invoque le rassemblement, et nul n’accepte les conditions de l’autre.

Que l’on soit pour ou contre la primaire, la question est de savoir qui décide, et comment. Georges Fenech met en garde contre ses effets. L’argument mérite d’être débattu, mais il suppose qu’on sache de quelle primaire on parle. Les électeurs de droite ne demandent pas qu’on leur rejoue la querelle. Ils veulent savoir pour qui ils voteront et comment cette personne aura été choisie.

Je dénonce cette confusion, et je demande des actes vérifiables. Que chaque candidat dise par écrit, par oui ou par non, s’il participerait à une primaire. Que les Républicains, Horizons et Renaissance publient avant janvier un projet de règles : périmètre, corps électoral, date, engagement de soutenir le vainqueur. Et que ceux qui n’en veulent pas le disent clairement, au lieu d’invoquer une primaire qu’ils savent ne pas devoir organiser.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de T.R..