Fait divers

Je refuse que 50 véhicules contrôlés à La Seyne tiennent lieu de politique contre la vitesse

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À La Seyne-sur-Mer, la police a contrôlé 50 véhicules et repéré un conducteur roulant bien trop vite, rapporte Var Actu ce 30 octobre 2026. Ces opérations se succèdent dans la commune, souvent sur les mêmes axes, avec des bilans communiqués au cas par cas.

Je refuse qu’on s’habitue. Ce vendredi 30 octobre, Var Actu rapporte qu’à La Seyne-sur-Mer la police a contrôlé cinquante véhicules et repéré un conducteur bien trop rapide. La dépêche tient en une ligne. Le fait est mince, presque banal. C’est précisément ce qui doit nous alerter.

Banal, parce que la scène se répète. Février 2025 : dix véhicules contrôlés, cinq excès sanctionnés. Mars 2025 : soixante-douze véhicules vérifiés, aucune infraction. Début juin 2026, après des plaintes d’habitants contre les vitesses excessives, cinquante véhicules au rond-point des Deux-Frères et cinquante avenue Frédéric-Mistral. Chaque bilan est sérieux. Aucun ne dit si les rues de la commune sont plus sûres qu’avant.

Je refuse que la vitesse en ville soit traitée comme un aléa. Sur l’avenue de la Première Armée Rhin et Danube, limitée à 50 km/h, un automobiliste a été intercepté à 102 km/h un samedi 30 août, soit 96 km/h après marge technique. Le 8 septembre, un motard y a été contrôlé à 96 km/h, vitesse retenue 91. Le 30 janvier, un conducteur a été arrêté à 116 km/h, vitesse retenue 110. Trois contrôles, un même axe, des vitesses qui doublent la limite.

Le droit, lui, a changé. Depuis le 29 décembre 2025, un excès de 50 km/h ou plus constitue un délit. Le permis est suspendu par la préfecture pour six mois, et la peine peut atteindre trois mois d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende. La loi est écrite. Reste à savoir si elle protège quelqu’un. Les sources que nous avons consultées ne donnent aucun chiffre sur son effet, ni à La Seyne ni ailleurs dans le Var.

Je refuse que la prévention se réduise à une opération ponctuelle, saluée le matin, oubliée le soir. En octobre, la police municipale de La Seyne a multiplié les interventions : vingt-deux verbalisations le 13, sept heures de contrôles le 19, vingt-six infractions relevées le 23. Trottinettes, stationnement, commerces, circulation : les missions s’empilent. Quelle part du temps des agents revient à la sécurité routière ? Nul ne le publie. Une politique dont on ignore les moyens n’est pas une politique, c’est une succession de communiqués.

Les habitants, eux, ont posé la question avant nous. Leurs signalements de juin ont déclenché des contrôles. Qu’est-il advenu des secteurs signalés depuis ? La dépêche du jour ne le dit pas. Un contrôle sanctionne un conducteur. Il ne ralentit pas une avenue. Seul l’aménagement de la voie, la présence répétée des agents et le suivi des suites judiciaires y parviennent, et ces trois leviers dépendent de décisions collectives, pas du hasard d’un barrage.

Je refuse enfin que l’on se contente de compter les véhicules arrêtés. J’attends de la commune, de la préfecture et de l’État des actes précis et vérifiables. Un bilan public, par axe et par trimestre : nombre de contrôles, vitesses relevées, suites données. Une réponse écrite aux plaintes d’habitants de juin. Un examen de l’avenue Rhin et Danube, aménagements compris, rendu public. Et les premiers chiffres nationaux et départementaux de l’application du délit d’excès de vitesse depuis décembre 2025.

Cinquante véhicules contrôlés, un conducteur trop rapide : ce n’est pas un fait divers qu’on referme. C’est une question posée aux responsables de la sécurité routière. Qu’ils répondent, chiffres à l’appui.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de M.L..