Europe

Je dénonce un plan de désendettement d’Alstom de 2 milliards sans modalités précises

Europe · · · Éditorial

Le constructeur ferroviaire Alstom a abaissé, lundi 2 novembre, ses perspectives pour l'exercice 2026-2027, en invoquant des difficultés d'exécution en Europe. Son action a reculé de 26 % à plus de 30 % selon les sources, et poursuivait sa baisse mardi 3 novembre.

Je dénonce la répétition des mauvaises nouvelles chez Alstom. Le groupe a publié, lundi 2 novembre, son deuxième avertissement sur résultats pour l’exercice en cours, après des retards de production qu’il ne parvient pas à rattraper. Baader Europe n’exclut pas un troisième avertissement, à l’issue d’une revue opérationnelle et organisationnelle. Un groupe qui revoit deux fois ses objectifs pour le même exercice doit expliquer pourquoi ses prévisions initiales ne tenaient pas.

Je dénonce une lecture boursière qui brouille les faits. Selon ABC Bourse et Option Finance, le titre a cédé environ 26 % lundi, puis encore 8 % mardi. Chez Usine Nouvelle, la chute dépassait 30 % à l’ouverture, sa pire séance depuis octobre 2023. Ces écarts, de quelques points, traduisent la rapidité des marchés, pas la précision des explications données au public.

Je dénonce un plan de désendettement présenté sans modalités. Alstom évoque un plan de 2 milliards d’euros, soit plus de 25 % de sa capitalisation boursière, qui combinerait mesures organiques et cessions potentielles. Or la note de Citi relevée par Usine Nouvelle précise que ces modalités n’ont pas encore été détaillées. Qui sera vendu, à quel prix, et dans quel délai ? Ces questions ne peuvent pas rester dans le registre des intentions.

Le cœur du problème tient à la plateforme Coradia Max. Elle regroupe six projets, soit environ 5 milliards d’euros de carnet de commandes, et la marge brute de ces contrats est devenue négative. L’homologation est désormais envisagée pour mars 2028. Un horizon repoussé de cette ampleur mérite mieux qu’une ligne dans une note d’analyste, surtout quand les clients attendent des livraisons qui glissent.

La marge d’exploitation ajustée visée pour l’exercice tomberait à environ 1 %, contre 6,5 % auparavant, selon Infomédiaire. Le groupe cite aussi des contrats réalisés pour ou depuis l’Allemagne, sans que les dépêches consultées ne chiffrent leur poids. Sans ces données, impossible de distinguer les difficultés industrielles des autres sources de pertes, ni de juger si le plan de redressement répond au bon problème.

Ce feuilleton se joue sur fond de Bourses européennes en recul lundi en début de séance, selon Reuters relayé par Chrétiens. Pendant ce temps, Wall Street attend les élections de mi-mandat, un rendez-vous qui n’éclaire en rien les retards industriels européens d’Alstom. Les investisseurs regardent les cours, alors que l’enjeu porte sur des trains, des emplois et des engagements tenus.

L’Aurore réclame donc trois engagements vérifiables : un calendrier d’homologation de Coradia Max assorti de jalons publics, la liste chiffrée des contrats allemands en difficulté, et le détail des modalités du plan de 2 milliards d’euros. Il faut aussi que les conclusions de la revue opérationnelle soient rendues publiques, avec une date annoncée à l’avance. Sans ces éléments, les avertissements se succéderont sans que personne n’en tire les conséquences.

Usine Nouvelle, 2 novembre 2026 ; Infomédiaire, 2 novembre 2026 ; Option Finance, 3 novembre 2026 ; ABC Bourse, 3 novembre 2026 ; Chrétiens (dépêche Reuters), 2 novembre 2026

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de A.D..