J’appelle le gouvernement à publier ce que valent les 100 millions d’euros d’aides qu’il coupe
Le gouvernement ne renouvelle pas au moins cinq programmes de lutte contre la précarité énergétique et d'accompagnement à la rénovation : Actee, Toits d'abord, Territoires zéro exclusion énergétique, Slime et Tims. Financés par les certificats d'économies d'énergie, ils représentaient environ 100 millions d'euros en 2026. L'exécutif dit vouloir recentrer ces fonds sur l'électrification ; les porteurs dénoncent une décision sans concertation.
J’appelle le gouvernement à rendre public, avant la fin de l’année, le chiffrage de ce qu’il abandonne. Au moins cinq programmes ne seront pas renouvelés : Actee, Toits d’abord, Territoires zéro exclusion énergétique, Slime et Tims. Politico l’a révélé le 28 octobre. Ces dispositifs, financés par les certificats d’économies d’énergie, pesaient environ 100 millions d’euros cette année. Un sixième, Bail Rénov’, pourrait suivre.
Le motif tient en une phrase. Le cabinet de la ministre de l’Énergie explique recentrer les CEE sur l’électrification, et cite le leasing social de véhicules électriques et les prêts à l’électrification. L’orientation peut se discuter. Mais un prêt ne remplace pas une personne qui repère un foyer, entre chez lui et l’accompagne jusqu’aux travaux. Dans un communiqué commun du 29 octobre, Cler solutions, la Fondation pour le Logement, Stop à l’exclusion énergétique et Soliha jugent le plan d’électrification « voué à l’échec » si les ménages vulnérables restent sans accompagnement.
J’appelle à dire qui a tranché, quand, et sur quels chiffres. Les sources ne s’accordent pas. Selon les structures interrogées, Matignon aurait décidé lors d’une réunion interministérielle le 24 septembre. Maire-info évoque une décision de fin septembre. D’autres médias datent du 20 octobre la confirmation faite aux porteurs. Quant au directeur d’Actee, Le Moniteur rapporte qu’il a appris la nouvelle le 28 octobre au soir, par SMS de Matignon. Des acteurs qui font tourner ces programmes depuis des années méritent mieux qu’un texto et la presse.
Le cas d’Actee dit tout. Lancé en 2019 et porté par la FNCCR, ce programme finance l’ingénierie qui permet aux communes de préparer la rénovation de leurs bâtiments. Sa deuxième phase, close en 2024, a permis d’intervenir sur 13 824 bâtiments publics, dont 4 884 écoles. En juin, en pleine canicule, le gouvernement annonçait un plan pour 12 500 écoles. Un arrêté du 8 octobre prolonge Actee jusqu’au 31 décembre 2027, sans financement CEE, pour 2 500 écoles seulement. L’ambition est divisée par cinq en quatre mois.
Et la date de fin reste floue. Certains médias parlent de fin 2027, Le Moniteur d’un arrêt au 30 juin avec de simples diagnostics de confort d’été, Batiweb d’un appui qui cesse dès le 31 décembre 2026. La Gazette des communes chiffre l’enjeu humain : 80 salariés du programme et 750 économes de flux cofinancés. La FNCCR, elle, parle d’un « contresens économique, climatique et social », alors que les communes affrontent la hausse des prix de l’énergie et les canicules.
J’appelle aussi à regarder le système, pas seulement la décision. La rénovation des écoles et l’aide aux foyers précaires reposaient sur une ligne de financement que quelques arrêtés suffisent à tarir. Élus et associations, de gauche comme d’ailleurs, ont bâti des politiques locales sur ce socle sans exiger qu’il soit sécurisé. Cette fragilité était connue. Elle n’excuse pas l’abandon, elle explique pourquoi il est si brutal.
Aucune des dépêches consultées ne décrit ce qui remplacera, pour les ménages les plus éloignés des aides, le repérage, la visite à domicile et le suivi jusqu’aux travaux que ces programmes assuraient. Ce silence est la vraie faute. Réorienter 100 millions d’euros est un choix politique légitime, à condition d’en assumer les perdants.
J’appelle donc le gouvernement à des actes vérifiables. Publier le compte rendu et le chiffrage de l’arbitrage. Fixer une date unique et écrite pour la fin d’Actee. Annoncer ce qu’il advient des salariés et des postes cofinancés. Dire si Bail Rénov’ est menacé. Désigner qui accompagnera les ménages que Slime, Toits d’abord et Territoires zéro exclusion énergétique allaient chercher. Et mesurer, dans un an, combien de foyers modestes auront réellement été électrifiés. Sans ces réponses, il ne s’agit pas d’un recentrage mais d’une économie qui ne dit pas son nom.
Politico, 28 octobre 2026 (révélation relayée par plusieurs médias); Le Moniteur; Reporterre; Maire-info; La Gazette des communes; JeChange, 30 octobre 2026; Le Télégramme, ID l'Info Durable, Le Courrier des maires, Le Monde, Mediapart, 30 octobre 2026
- « Un contresens économique » : les acteurs de la rénovation énergétique des écoles et des bâtiments publics dénoncent la fin brutale du programme Actee (Le Moniteur)
- L'État supprime cinq programme de lutte à la précarité énergétique (Reporterre)
- Précarité énergétique : le gouvernement met fin à cinq programmes d'aide, particuliers et collectivités sont concernés (L'Express via Orange Actualités)
- Rénovation énergétique : le gouvernement met fin au programme Actee (La Gazette des communes)
- Le gouvernement trahit une nouvelle fois ses promesses en mettant fin au programme Actee (Maire-info)
Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de A.D..