Politique

J’alerte : les lycéens ont arraché des réponses, le gouvernement doit maintenant les rendre vérifiables

Politique · · · Éditorial

Le 1er novembre, une porte-parole de l'organisation Les Lycéens ! juge « largement insuffisantes » les réponses obtenues du gouvernement dans la négociation. Après plus d'un mois de blocus, les annonces du 26 octobre prévoient notamment le remplacement progressif de Parcoursup d'ici 2028. Les organisations lycéennes et plusieurs syndicats appellent à poursuivre le mouvement, avec une journée de mobilisation le 5 novembre.

J’alerte sur le moment où un mouvement social se retrouve face à une réponse qui ressemble à un règlement sans en être un. Ce dimanche, Marguerite Cordet, chargée de communication de Les Lycéens !, résume la situation : les demandes négociées ont reçu des réponses, mais ces réponses restent « largement insuffisantes ». Le constat arrive après plus d’un mois de blocus et de manifestations.

Les annonces du 26 octobre sont réelles. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028. Le plan comprend aussi des prêts avantageux pour que les régions rénovent les lycées, et 15 000 places supplémentaires dans le supérieur. Les organisations en demandaient dix fois plus : 150 000 places, et la fin de la sélection à l’entrée de l’université. L’écart tient en un chiffre, et il explique la colère qui ne retombe pas.

J’alerte sur la question la plus concrète, celle des professeurs absents. Le 16 octobre, le ministère de l’Éducation nationale affirmait que 2 000 des 3 000 remplaçants promis avaient été affectés. C’est un chiffre du ministère. Dans les sources que nous avons consultées, aucun suivi public, académie par académie, ne permet de le vérifier. Le ministre Édouard Geffray assure qu’on répond « point par point ». Un point par point se prouve par des tableaux publiés, pas par des déclarations.

Les voix du mouvement ne sont pas unanimes, et il faut le dire. Au sortir de Matignon, le vice-président de Les Lycéens ! estimait avoir obtenu « quelque chose », tout en promettant d’aller au bout. D’autres parlent de miettes. Cette nuance n’est pas une faiblesse du mouvement, c’est l’état réel d’une négociation inachevée. Le gouvernement, lui, a d’abord dénoncé une instrumentalisation par La France insoumise avant d’admettre que les revendications étaient légitimes. Cette bascule a coûté des semaines de confiance.

Le climat reste lourd. La réponse a d’abord été policière face à des adolescents. Le ministère compte 165 personnels blessés depuis le début du mouvement. Le 6 octobre, les organisateurs revendiquaient 450 000 manifestants, le gouvernement 250 000. Cette querelle de chiffres ne dit rien des moyens qui manquent dans les classes, et c’est précisément ce qu’elle fait oublier.

J’alerte aussi la gauche, parce que la critique vaut pour tous. Le mot d’ordre de dix milliards d’euros pour l’éducation, « tout de suite », est une exigence légitime. Mais un chèque ne forme pas un enseignant et ne rénove pas un bâtiment. Les partis qui se pressent devant les lycées, à quelques mois d’une présidentielle, doivent dire comment ils financeraient ces dépenses, sur quelle durée, et avec quels recrutements. Sans cela, ils offrent aux jeunes un soutien qui ressemble à un décor.

J’alerte enfin sur le calendrier. Le 5 novembre, l’intersyndicale appelle à une nouvelle journée d’action, et le Snes-FSU veut y amplifier la grève. Les élèves qui préparent un examen paient chaque jour de blocage, et ceux qui attendent des réponses paient chaque jour de flou. Le gouvernement ne peut pas laisser ces deux urgences s’additionner.

J’exige donc des actes précis. Un calendrier écrit du remplacement de Parcoursup, avec le texte qui l’encadre. Un décompte public et mensuel des remplaçants affectés, académie par académie. Une enveloppe chiffrée et un échéancier pour les prêts aux régions. Un financement détaillé des 15 000 places, et une réponse argumentée sur les 150 000 réclamées. Et j’exige de la gauche un chiffrage de ses propres promesses. Ces engagements se vérifient, et les lycéens sont en droit de le faire.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de M.L..