J’alerte : en Israël comme en Serbie, les urnes ont parlé, les coalitions ne doivent pas les trahir
Après les législatives israéliennes, le bloc de Benjamin Netanyahou compte 53 sièges, l'opposition 48 et les partis arabes 19, dans une Knesset de 120 élus. Le président Isaac Herzog ouvre les consultations mercredi 4 novembre. En Serbie, la Liste étudiante a remporté la majorité absolue le 25 octobre, mais aucun chef de gouvernement n'est encore désigné.
J’alerte sur une arithmétique que les états-majors préfèrent ne pas regarder en face. Israël a voté un mardi, le 27 octobre. Le Likoud reste le premier parti avec 27 sièges, devant Yashar, de Gadi Eisenkot, qui en obtient 21. Le camp de Benjamin Netanyahou totalise 53 sièges, l’opposition 48, les partis arabes 19. Aucun des deux grands blocs ne dispose, seul, des 61 sièges nécessaires.
Ces 19 sièges sont un fait politique, pas un accident. Les listes arabes en comptaient 10 dans la Knesset sortante. D’après les premières données, la participation a atteint 77,7 %, son plus haut niveau depuis 1999. Des citoyens se sont déplacés en nombre. Leur voix pèse désormais dans la balance. Reste à savoir si on les traitera en électeurs ou en variable d’ajustement.
J’alerte contre une opposition qui se dit alternative et refuse d’en payer le prix. Des responsables de l’opposition ont exclu de gouverner avec les formations arabes ou de dépendre de leur soutien. Or l’opposition, seule, plafonne à 48 sièges. Des centaines d’Israéliens se rassemblent pour demander à Gadi Eisenkot et aux autres responsables de s’allier aux partis arabes, une alliance qui ne s’est produite qu’une fois, brièvement, en 2021. Promettre un nouveau gouvernement tout en écartant d’avance 19 élus, c’est offrir aux électeurs un calcul qui ne tient pas. La critique vaut pour la droite. Elle vaut tout autant pour ceux qui prétendent la remplacer.
Le calendrier, lui, ne laisse pas de répit. Le Likoud a affirmé que ses adversaires auraient volé ces élections. La police israélienne et les partis arabes ont rejeté ces allégations. En attendant une coalition, Benjamin Netanyahou demeure Premier ministre d’un gouvernement chargé des affaires courantes. Le président Isaac Herzog entamera mercredi 4 novembre des consultations qui devraient être retransmises en direct. La loi lui laisse un large pouvoir d’appréciation, sans guide pour son choix. Le candidat désigné aura 28 jours, prolongeables de 14, faute de quoi de nouvelles élections pourraient être convoquées. Isaac Herzog a dit à un média américain qu’il ferait tout pour les éviter, y compris en soutenant un gouvernement d’union entre Benjamin Netanyahou et Gadi Eisenkot.
J’alerte aussi à Belgrade, où la victoire est plus nette et l’inconnue plus grande. Le 25 octobre, Aleksandar Vučić a reconnu sa défaite face à la Liste étudiante. Le mouvement, crédité de 53 % des voix, doit mettre fin à quatorze ans de pouvoir nationaliste. Les sources divergent sur les sièges. L’une donne 141 sur 250 contre 103 au Parti progressiste serbe. Une autre en compte 140. Dans les deux cas, la majorité absolue est acquise. La participation, proche de 70 %, a été la plus élevée depuis 34 ans.
Mais cette majorité n’a pas de visage. La Liste étudiante n’a pas encore désigné la personne qui dirigerait le gouvernement. Le mouvement privilégie la décision collective. Il devra composer avec des institutions encore largement peuplées de fonctionnaires fidèles au régime sortant. L’ancien président a promis de s’opposer férocement au nouveau gouvernement. Les priorités annoncées sont la lutte contre la corruption, l’indépendance de la justice et la liberté des médias. Une priorité n’est pas un calendrier. Un mouvement né de la dénonciation de l’opacité doit gouverner à ciel ouvert.
J’alerte enfin sur la tentation commune aux deux pays : laisser la négociation défaire ce que le vote a décidé. Les semaines passent, les formules se brouillent. L’électeur découvre qu’il a choisi un compromis qu’on ne lui a jamais exposé. En Israël, les tractations peuvent mener à un nouveau scrutin. En Serbie, elles peuvent entamer la confiance d’une génération qui a manifesté deux ans.
Des actes, donc, et des actes vérifiables. Que chaque parti israélien annonce publiquement, lors des consultations du 4 novembre, le candidat qu’il recommande et ses conditions. Que les dirigeants de l’opposition disent clairement s’ils acceptent ou non le soutien des 19 élus arabes. Que le Likoud apporte des preuves de ses allégations devant les autorités électorales, ou qu’il les retire. Que le président Herzog explique publiquement les motifs de son choix. Que la Liste étudiante serbe nomme son candidat au poste de Premier ministre. Qu’elle publie, dès la convocation du Parlement, le calendrier de ses premières mesures sur la justice et les médias.
i24NEWS, 1er novembre 2026; France 24, 29 octobre 2026; Yahoo Actualités, 31 octobre 2026; RTS, octobre 2026; Slate, octobre 2026; Toute l'Europe, octobre 2026
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Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de M.L..