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J’accuse une distinction numérique de saluer Costa-Gavras sans dire ce que le public pourra consulter

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L'Institut national de l'audiovisuel a remis sa Distinction numérique au cinéaste Costa-Gavras lors de la 18e édition du Festival Lumière, à Lyon. La remise a été faite par Agnès Chauveau, directrice générale déléguée de l'INA, et par Fabrice Lacroix, son président-directeur général. Mediakwest a publié l'information le 30 octobre 2026.

J’accuse un hommage de n’être raconté qu’à moitié. L’INA a distingué Costa-Gavras à Lyon, pendant le Festival Lumière, et la nouvelle est saluée comme il se doit. Mais aucune des dépêches disponibles ne dit ce que contient la distinction, ni à qui elle sert une fois les applaudissements retombés.

Que sait-on ? L’INA décrit cette distinction comme un ensemble de photographies et d’extraits de télévision et de radio qui renvoient à l’œuvre d’une personnalité et forment son patrimoine personnel. Mediakwest rappelle que les archives de l’Institut conservent de nombreux entretiens, émissions et interventions du cinéaste. Voilà pour le principe. Le reste, on ne le dit pas.

J’accuse ce silence sur le contenu. Combien d’extraits ? De quelles années ? Sur quelles chaînes, sur quelles ondes ? L’annonce n’en chiffre aucun. Je ne prétends pas que ces archives n’existent pas, ni qu’elles sont fermées au public. Je dis que la communication ne permet pas de le vérifier. Un patrimoine audiovisuel financé par la collectivité se présente avec des chiffres, pas avec une formule.

Le cinéaste distingué mérite mieux qu’un communiqué. Depuis plus de soixante ans, Costa-Gavras interroge dans ses films le pouvoir, la justice et la liberté. Il avait déjà reçu à Lyon, en 2024, le prix Lumière spécial pour une œuvre qui va de Z à L’Aveu et au Couperet. Un artiste qui a fait du secret des institutions son sujet ne devrait pas être célébré par une institution qui laisse le sien intact.

J’accuse enfin la mécanique de la cérémonie. L’INA a remis des distinctions du même type à Isabelle Huppert, à Oxmo Puccino et à Roschdy Zem, de festival en festival. Le critère affiché est très large : des personnalités dont le parcours ou l’engagement ont marqué la vie culturelle, artistique ou intellectuelle. Large au point de ne rien exclure. Qui choisit, selon quelle procédure, avec quel bilan ? Les sources ne le disent pas.

Ce n’est pas un procès fait à l’œuvre, ni à l’Institut qui la conserve. La conservation des archives est une mission que personne ne conteste ici. Le Festival Lumière montre d’ailleurs que le patrimoine vit quand on le met devant les spectateurs : il a programmé Le Siècle de Costa-Gavras, une série de dix épisodes consacrée à sa carrière. C’est cette logique qu’il faut prolonger. Une archive utile est une archive que l’on peut trouver.

J’exige donc des actes simples, que chacun pourra vérifier. Que l’INA publie la liste détaillée de ce que contient la distinction remise à Costa-Gavras, avec le nombre d’éléments et leurs dates. Qu’il indique où et à quelles conditions le public peut les consulter, et s’ils sont gratuits. Qu’il rende publics les critères et la procédure de choix des personnalités distinguées, avec la liste de toutes les distinctions déjà remises.

Un hommage qui tient en une photo de remise et deux noms de dirigeants n’est pas une politique du patrimoine. Si l’INA a des réponses, qu’il les donne. S’il n’en a pas, qu’il le dise. Dans les deux cas, le public a le droit de savoir ce que l’on célèbre en son nom.

Mediakwest, 30 octobre 2026; INA, actualités et espace presse; Festival Lumière 2026; France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, octobre 2024

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de Yvan T..