Fait divers

J’accuse un dispositif qui enquête sur une mort en garde à vue sans dissiper le doute

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Un homme de 44 ans est mort mardi 27 octobre dans une cellule du commissariat de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort, confiée à l'IGPN. L'autopsie n'a pas relevé de lésion traumatique expliquant le décès, mais l'avocat du père a déposé plainte pour violences volontaires ayant entraîné la mort.

Mardi 27 octobre, un homme de 44 ans est mort dans une cellule du commissariat de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, alors qu’il était en garde à vue. Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort et l’a confiée à l’Inspection générale de la police nationale. Selon le parquet, l’homme a succombé à une défaillance cardiorespiratoire. Voilà les faits établis. Le reste appartient, pour l’instant, au brouillard.

Ce que l’on sait tient en peu de lignes. Les premières conclusions de l’autopsie font état d’une absence de lésions traumatiques expliquant le décès. Des expertises toxicologique et anatomopathologique doivent encore être menées. L’homme avait été interpellé lundi par la police municipale, d’après une source proche de l’enquête. Son placement en garde à vue avait été différé à cause d’une forte alcoolémie, mesurée à 1,37 mg par litre d’air expiré. Il avait été conduit à l’hôpital, où il a vu un premier médecin. Ce qui s’est dit et décidé ensuite, heure par heure, nous ne le savons pas.

Mercredi, l’avocat du père, Yassine Bouzrou, a déposé plainte pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il demande la saisine d’un juge d’instruction. Il évoque des violences graves lors de l’interpellation et potentiellement au sein du commissariat. Le parquet, lui, souligne l’absence de lésion traumatique à l’autopsie. Deux lectures s’opposent. Nous n’en tenons aucune pour établie. Personne n’est, à ce stade, désigné comme mis en cause, et la présomption d’innocence vaut pour chacun, policiers compris. Mais le doute ne doit pas rester sans réponse.

J’accuse un dispositif qui laisse ce doute prospérer. La saisine de l’IGPN est habituelle quand une personne meurt en garde à vue, rappelle un site spécialisé. Habituelle, donc attendue. Elle ne suffit pas à convaincre une famille qui dénonce des violences. Lorsque la « police des polices » enquête sur la mort d’un homme confié à la police, la routine ne peut pas tenir lieu de garantie. Il faut des garanties que le public puisse voir.

J’accuse la lenteur annoncée avant même d’avoir commencé. Les expertises complémentaires n’ont, dans les éléments dont nous disposons, aucune date. Pendant ce temps, un père attend, une plainte attend, et la vérité scientifique attend. Chaque semaine sans calendrier est une semaine offerte à la rumeur, aux soupçons et aux procès faits sur les réseaux.

J’accuse le silence qui entoure la surveillance des personnes gardées à vue en état d’ivresse. Quand le placement d’un homme est différé à cause de son alcoolémie, la question de sa surveillance se pose aussitôt. Qui veille sur lui, à quelle fréquence, avec quel avis médical, avec quels moyens ? Nous ne prétendons pas que ces règles ont été violées. Nous constatons que le public ne peut pas vérifier si elles ont été suivies.

Nous demandons des actes. Que le parquet de Bobigny fasse connaître le calendrier des expertises toxicologique et anatomopathologique. Que la décision sur la saisine d’un juge d’instruction soit rendue vite et motivée. Que la famille et son avocat aient accès aux éléments du dossier, dans les limites de la loi. Que les enregistrements vidéo du commissariat, s’ils existent, et les comptes rendus de l’hôpital soient conservés et examinés. Que les consignes de surveillance des gardes à vue de personnes alcoolisées soient rendues publiques. Un homme est mort alors qu’il était sous la garde de l’État. L’État doit à sa famille, et à chacun de nous, une réponse datée et vérifiable.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de Yvan T..