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J’accuse le troisième sommet Russie-Afrique d’être un marché, et l’Europe d’en être absente

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Le troisième sommet Russie-Afrique occupe les colonnes de la presse du continent. Moscou vend de la sécurité, de l'énergie, des céréales et des drapeaux. L'Aurore regarde la chaise vide.

La presse sénégalaise lui consacre des encadrés. La presse malienne, des unes. Le troisième sommet Russie-Afrique n’est pas une nouveauté : c’est une installation. Moscou revient avec la même offre, reformulée : sécurité contre matières premières, blé contre votes à l’ONU, souveraineté affichée contre dépendance réelle.

Les dirigeants africains qui s’y rendent ne sont pas dupes. Ils vont au marché, et ils comparent les étals. Le problème, c’est que l’étal européen est fermé, ou qu’il n’ouvre que pour faire la morale.

J’accuse la Russie de vendre une souveraineté qu’elle confisque aussitôt : derrière chaque accord de sécurité, des mines, des ports, des contrats sans appel d’offres.

J’accuse l’Europe, et la France en particulier, d’avoir laissé le mot « partenariat » se vider de sens à force de le prononcer sans le financer.

J’accuse ceux qui, sur le continent, confondent le changement de tutelle avec l’indépendance. Changer de créancier n’a jamais libéré personne.

L’Aurore publiera la liste des accords signés à ce sommet dès qu’elle sera disponible, pays par pays. Les communiqués parlent d’amitié. Les contrats parlent plus clairement.

Sud Quotidien via SenePlus (29/10/2026).