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J’accuse le gouvernement de découvrir le Smic quand la rue gronde

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Le cabinet du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a reçu les cinq organisations syndicales représentatives. Sur la table : avancer d'un mois la revalorisation automatique du Smic, et peut-être y ajouter un « coup de pouce ». L'Aurore s'étonne du calendrier.

Il aura donc fallu la colère. Pas les rapports, pas les courbes du pouvoir d’achat, pas les files d’attente des associations : la colère. Le ministère du Travail a reçu tour à tour les cinq syndicats représentatifs et s’est dit ouvert à un coup de pouce sur le Smic, au-delà de la hausse mécanique indexée sur l’inflation. On évoque même d’avancer d’un mois la revalorisation automatique.

Un mois. Quelques dizaines d’euros. On ne nie pas que ce soit quelque chose pour ceux qui comptent chaque pièce. Mais que l’on ne vienne pas nous présenter cela comme une politique.

J’accuse la méthode. Une mesure sociale décidée sous la pression, c’est une mesure dont on reprendra la moitié à la première embellie. Les salariés au Smic connaissent la musique : on leur donne en novembre ce qu’on leur reprend en avril.

J’accuse l’exécutif de confondre apaisement et justice. On ne reçoit pas les syndicats pour éteindre un incendie ; on les reçoit pour construire. La différence se mesure en années, pas en semaines.

J’accuse enfin cette expression même de « coup de pouce », qui dit tout : un geste, une largesse, une faveur accordée d’en haut. Un salaire n’est pas un pourboire.

Si le gouvernement veut vraiment répondre à la colère sociale, qu’il publie le calendrier complet de ce qu’il propose, les montants, et ce qu’il demandera en échange. L’Aurore attend le texte. Pas le geste.

BFM Business via Presse Évasion (29/10/2026).