Fait divers

J’interpelle le parquet et la préfecture : une mère poignardée devant sa fille de 6 ans, que saura-t-on ?

Fait divers · · · Éditorial

Jeudi 29 octobre vers 15h30, une mère de famille a été poignardée au flanc près de son domicile, dans le XIXe arrondissement de Paris, alors qu'elle marchait avec sa fille de 6 ans. Son pronostic vital a été temporairement engagé, et elle n'est plus en danger de mort. L'agresseur, au visage partiellement dissimulé, a fui. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour tentative de meurtre.

Jeudi 29 octobre, vers 15h30, une femme marche près de chez elle, dans le XIXe arrondissement de Paris. Sa fille de 6 ans est à ses côtés. Un homme au visage en partie dissimulé la saisit par la gorge et la frappe d’un coup de couteau au flanc droit. Puis il s’enfuit en courant. C’était en plein jour, dans une rue ordinaire, sous les yeux d’une enfant.

J’interpelle d’abord le parquet de Paris et la police judiciaire. Une enquête pour tentative de meurtre est ouverte et confiée au 2e district de police judiciaire. L’homme est recherché. Nous ne demandons pas qu’on livre des pistes à ceux qui le fuient. Nous demandons qu’on dise, dans les limites du secret de l’enquête, quels moyens sont engagés et si les habitants du quartier sont sollicités. Un silence prolongé laisse la peur s’installer.

Le mobile reste inconnu. D’après les premiers propos de la victime rapportés par le parquet, elle ne semblait pas connaître son agresseur. Une source policière évoque un possible « acte gratuit ». L’expression décrit une ignorance et n’explique rien. Aucun suspect n’est identifié. Nous ne désignons personne, et nous refusons qu’on comble le vide par des hypothèses.

J’interpelle ensuite la préfecture de police et la Ville de Paris sur l’espace public. Une avenue habitée, un jeudi après-midi, une mère et une enfant : voilà ce que l’on croit protégé par définition. Que sait-on de la présence des patrouilles dans ce secteur, de sa couverture par la vidéoprotection, de l’éclairage et des signalements antérieurs ? Nous n’affirmons pas qu’il existe une faille. Nous constatons que personne ne l’a, à ce jour, ni documentée ni écartée devant le public.

Reste la fillette. Elle a vu sa mère attaquée, puis hospitalisée à Bichat. Elle a six ans. Aucune famille ne devrait avoir à réclamer pour son enfant un accompagnement psychologique après un tel choc. Ce soutien doit être proposé d’office, durablement, à la mère comme à la petite, et sans formulaire à remplir pendant que l’on veille un proche à l’hôpital.

J’interpelle enfin le gouvernement sur ces agressions que l’on range sous le mot « gratuit », parce qu’aucune case de prévention ne les attend. Quand l’auteur est un inconnu et que le lieu est banal, la politique publique semble s’arrêter à l’enquête. Combien d’attaques à l’arme blanche dans l’espace public chaque année ? Combien d’auteurs identifiés, et dans quels délais ? Ces chiffres doivent être publiés, régulièrement, et lisibles par tous.

Voici ce que L’Aurore réclame, et que chacun pourra vérifier. Un point public du parquet de Paris sur l’état de l’enquête, dans la semaine, dans les limites du secret. Une information de la préfecture de police et de la Ville sur les moyens de sécurisation du secteur du XIXe où l’attaque a eu lieu. Une prise en charge psychologique garantie, sans démarche, pour la mère et la fille. Une publication annuelle des agressions à l’arme blanche dans les lieux publics. Tant que ces réponses manquent, l’attaque de jeudi restera un fait divers de plus, et la peur une affaire privée.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de A.D..