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Je condamne un « membre associé » que les traités ignorent et que la déclaration finale a effacé

Europe · · · Éditorial

L'Union européenne et le Canada ont conclu à Montréal, jeudi et vendredi, leur 21e sommet. Ils ont signé plusieurs accords, dont des textes sur les minerais critiques et l'intelligence artificielle. Le Canada participera au prêt de 90 milliards d'euros de l'Union à l'Ukraine à hauteur de 500 millions d'euros. Le statut de « membre associé », prévu par aucun traité, a été retiré de la déclaration finale sous l'impulsion d'un groupe de pays mené par l'Allemagne.

Je condamne le flou qui entoure cette alliance. Jeudi et vendredi, à Montréal, l’Union européenne et le Canada ont tenu leur 21e sommet. Ils en repartent avec ce que le président du Conseil européen, Antonio Costa, présente comme l’association la plus étroite jamais conclue avec un pays non européen. La formule est belle. Elle ne dit pas ce que contient l’association.

Je condamne une étiquette que les traités ne connaissent pas. Mark Carney et Ursula von der Leyen ont répété que le Canada deviendrait le « premier membre associé » de l’Union. Or ce concept n’est prévu par aucun traité. Un groupe de pays mené par l’Allemagne a obtenu son retrait de la déclaration finale. Les dirigeants gardent le mot à la tribune, le texte signé l’abandonne. On ne peut pas tenir les deux à la fois sans dire lequel engage.

Les sources elles-mêmes divergent. Les Echos parlent d’un Canada promis au rang de membre associé malgré les réticences de Berlin. L’AFP indique que la mention a disparu du texte final. Avant le sommet, Rapporteur décrivait un projet de déclaration qui chargeait les deux parties de définir ce statut avant un sommet prévu en 2027. Nous n’avons pas trouvé la confirmation que cette échéance figure dans la version adoptée. Les Vingt-Sept, les Canadiens et leurs parlements méritent de savoir si le statut est abandonné, reporté ou seulement rebaptisé.

Je condamne que l’on vante une association sans en publier les droits ni les devoirs. Quelles décisions seront prises en commun ? Quel engagement prend chaque partie ? Avec quel contrôle des parlements ? Aucune des dépêches consultées ne répond. Ce silence n’a rien d’un détail de vocabulaire. Il touche à la manière dont l’Union engage ses citoyens.

Reste un geste concret. Le Canada participera au prêt de 90 milliards d’euros accordé par l’Union à l’Ukraine, en apportant 500 millions d’euros. L’AFP y voit un symbole fort. Soit. Mais ce prêt couvre 2026 et 2027 et doit répondre à environ deux tiers des besoins ukrainiens, le reste devant venir d’alliés extérieurs à l’Union, selon Rapporteur. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dit que son pays aurait besoin de 70 milliards d’euros supplémentaires en 2027. Cinq cents millions représentent un peu plus d’un demi pour cent de l’enveloppe. Le symbole ne comble pas le trou.

Je condamne enfin des minerais critiques et une intelligence artificielle annoncés comme des victoires sans le moindre chiffre. Ottawa et Bruxelles ont signé plusieurs accords dans ces secteurs, rapporte Le Figaro. Dans ce que nous avons pu consulter, on ne trouve ni montant, ni calendrier, ni mécanisme de contrôle. Qui extraira ? Qui financera ? Qui bénéficiera des résultats ? Les citoyens qui paieront ont le droit de le savoir avant qu’on applaudisse.

La raison du rapprochement est lisible. Sud Ouest le décrit comme une réponse stratégique face aux États-Unis et à la Chine. Une alliance de précaution peut se défendre. Elle se défend mal quand ses termes restent cachés.

Je ne demande pas qu’on renonce à ce rapprochement. Je demande des actes. Que la déclaration finale et chacun des accords signés soient publiés en intégralité. Que le Conseil européen et la Commission disent si le statut de membre associé est abandonné ou différé, et qu’ils fixent une date. Que les accords sur les minerais et l’intelligence artificielle soient chiffrés, ligne par ligne. Que le Parlement européen et le Parlement canadien soient saisis avant toute extension du dispositif. Et que l’expression « membre associé » cesse d’être employée tant qu’elle n’a pas de définition juridique.

Libération, 30/10/2026; Les Echos, 30/10/2026; BFM, 30/10/2026; Sud Ouest, 30/10/2026; Le JSL, 30/10/2026; AFP via La Libre Belgique, 30/10/2026; Rapporteur, octobre 2026; Le Figaro via Titres de presse, 30/10/2026

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de Yvan T..