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J’interpelle le gouvernement sur les 3 000 docteurs juniors et les déserts médicaux

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Environ 3 000 docteurs juniors en médecine générale prennent leurs fonctions à partir de ce lundi 2 novembre, notamment dans les territoires sous-dotés en généralistes. Le dispositif suscite des interrogations sur sa rémunération, son encadrement et sa capacité à durer.

J’interpelle le gouvernement sur un calendrier désormais concret. Ce lundi 2 novembre, environ 3 000 jeunes médecins prennent leurs fonctions dans des cabinets, des maisons de santé et des centres de santé, notamment dans les territoires qui manquent cruellement de généralistes. Le chiffre national est imposant. Ce qu’il masque l’est davantage.

J’interpelle aussi sur la répartition, qui varie fortement d’une région à l’autre. L’ARS d’Occitanie a confirmé 241 premiers docteurs juniors pour la région, dont quatorze en Aveyron, où la priorité va aux secteurs dans lesquels trouver un médecin traitant relève du parcours du combattant. En Île-de-France, 412 nouveaux généralistes sont attendus, la Seine-Saint-Denis en recevant le plus grand nombre. Chaque territoire doit savoir selon quels critères ces effectifs ont été fixés.

Le statut mérite lui aussi une explication. Ces médecins effectuent leur dernière année d’études sur le terrain et mènent des consultations en autonomie, sous la supervision d’un maître de stage. Les patients ont le droit de savoir qui les reçoit, avec quel encadrement, et à quelle fréquence le maître de stage intervient. Sans réponse claire, l’autonomie risque de rester une formule plus qu’une garantie.

Le volet financier pose problème. En Haute-Garonne, 58 internes s’apprêtent à soigner des patients sous ce statut. En zone d’intervention prioritaire, chacun touchera une prime de 1 000 euros bruts par mois, tandis que le médecin encadrant sera payé en partie selon l’activité de son élève. Des internes dénoncent cette rémunération. Un dispositif censé ramener des médecins dans les déserts ne peut pas se passer d’explications publiques détaillées.

Le calendrier pose une autre question. Une nouvelle promotion, plus réduite, est attendue en mai, avec 500 médecins de plus selon les chiffres relayés par franceinfo. Le pari affiché consiste à faire qu’une année passée dans un territoire donne envie d’y rester. Libération formule l’enjeu sans détour : le pays ne tient pas encore la situation, et l’arrivée de ces jeunes médecins ne suffit pas à le démentir.

J’interpelle donc le ministre compétent pour qu’il publie, département par département, le nombre de docteurs juniors effectivement en poste au 2 novembre, puis à la fin de l’année. L’Aurore réclame le barème complet de la prime, la part de rémunération liée à l’activité des maîtres de stage et les critères de répartition des effectifs. Un bilan de fidélisation, mesuré à l’issue de l’année, doit être rendu public.

Les déserts médicaux ne reculeront pas à coups d’annonces. Ils reculeront si les chiffres de présence, de rémunération et de fidélisation sont publiés, vérifiés et comparés. C’est la seule condition pour que ces 3 000 arrivées deviennent une réponse.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de M.L..