Je salue un communiqué en trois langues pour excuser une blague sur Mao, et les silences qui l’entourent
Kylian Mbappé a publié mardi 27 octobre un communiqué en français, en anglais et en chinois pour s'excuser après une plaisanterie sur un « dictateur chinois », que les internautes ont associée à Mao Zedong. Marine Tondelier l'a défendu mercredi 28 octobre, tandis que les Insoumis ont botté en touche.
Je salue d’abord la célérité. Un podcast, un mème, un capitaine des Bleus qui dit préférer le montage où l’on plaque son visage sur celui d’un « dictateur chinois », sans prononcer le nom de Mao Zedong. Mardi 27 octobre, avant même 13 heures, un communiqué paraît en trois langues. Le propos y est jugé « maladroit » et regretté. Bien des administrations rêveraient de livrer un texte trilingue en si peu de temps.
Je salue ensuite la géographie des regrets. Après la Liga, le Real Madrid s’est excusé à son tour auprès de la Chine. Les propos dataient d’avril et venaient de réapparaître. Une phrase lâchée dans un podcast, et voilà un joueur, un club et un championnat qui écrivent à Pékin. Franceinfo parle d’une tempête à la fois diplomatique et commerciale, ce qui rappelle que l’affiche d’un bus de Shanghai pèse parfois plus lourd qu’un podcast.
Je salue aussi la presse chinoise, qui a perfectionné un exercice délicat : condamner une phrase sans la répéter. Plusieurs médias ont condamné les propos sans les restituer. Le site Dongqiudi a évoqué des remarques inappropriées. Un journal, lui, dénonce le mépris du joueur pour l’histoire chinoise et parle d’une image de marque ruinée. Le lecteur français, lui, doit deviner de quel mot il s’agit.
Le plus instructif vient d’un spécialiste. Marc Julienne, de l’Ifri, rappelle que le mot « dictateur » pour Mao reflète un consensus des historiens occidentaux, mais qu’il reste tabou en Chine. Il ajoute que le joueur ne l’avait peut-être pas mesuré. Un consensus d’historiens devient donc un incident de relations publiques. L’histoire est établie ici, elle devient une marque déposée là-bas.
Je salue enfin la scène française. Marine Tondelier a jugé que le joueur avait eu entièrement raison, qu’il n’avait pas exprimé une opinion mais des faits établis. Un élu insoumis, lui, a refusé de dire si Mao était un dictateur et concédé un régime « plutôt autoritaire ». Le Nouvel Obs observe que les Insoumis ont été embarqués malgré eux dans la polémique. Répondre sans répondre à une question d’histoire est un exercice d’équilibriste, et il a été exécuté avec application.
Reste le concert des conseillers. La commission spéciale de la Chambre américaine sur la Chine estime que le joueur n’aurait pas dû s’excuser. Des internautes français lui ont aussi reproché d’avoir reculé. Le capitaine des Bleus a donc été prié de s’excuser par Pékin, de ne pas s’excuser par Washington, et de s’expliquer par tout le monde. Nul n’a tenu le même discours deux fois de suite, sinon pour réclamer son silence.
Il reste des gestes simples, et ils se vérifient. Que le Real Madrid et la Liga disent ce qu’ils ont écrit à la Chine, et au nom de quoi. Que les partis qui commentent répondent par oui ou par non à une question d’historien, sans détour par le mot « autoritaire ». Que l’on cesse de confondre un propos de podcast avec une position d’État. La plaisanterie était maladroite, le joueur l’a dit lui-même. Le reste de l’affaire relève de ceux qui n’ont pas su, ou pas voulu, la laisser retomber.
franceinfo, 27 et 28 octobre 2026; Time, 28 octobre 2026; Le Nouvel Obs, 29 octobre 2026
- "Ce propos était maladroit" : Kylian Mbappé présente ses excuses à la Chine après avoir déclenché une polémique à cause d'une plaisanterie sur Mao Zedong (franceinfo)
- "Il a mordu la main qui le nourrit" : malgré ses excuses, Kylian Mbappé est toujours très critiqué en Chine pour ses propos sur Mao Zedong (franceinfo)
- "Kylian Mbappé a eu entièrement raison de qualifier Mao Zedong de dictateur" : Marine Tondelier défend la star des Bleus, les Insoumis bottent en touche (franceinfo)
- Mbappé Apologizes After 'Dictator' Mao Comment: What to Know (Time)
Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de A.D..