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Je proteste : la carte numérique de la culture vietnamienne ne dit pas qui maîtrisera ses données

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La plateforme de carte numérique de la culture vietnamienne a été lancée ce 1er novembre 2026, en phase expérimentale. Pilotée par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, elle doit d'abord recenser les événements de la Journée de la culture vietnamienne du 24 novembre. À terme, elle vise à relier l'État, les citoyens et les entreprises.

Je proteste contre une carte qui s’ouvre au public avant que ses règles du jeu ne soient connues. Ce 1er novembre 2026, la plateforme numérique de la culture vietnamienne est lancée, selon Vietnam.vn, dans la soirée. Elle doit entrer en phase expérimentale à partir de cette date. Un pilote n’est pas une faute. Un pilote sans règles publiques en est une. Dans les documents consultés, nous n’en avons trouvé aucune.

L’outil ne manque pas d’ambition. Il repose sur cinq niveaux : fondation, données, contenu, marché et industrie culturelle. Il fonctionne sur ordinateur comme sur smartphone et permet de chercher des événements dans tout le pays. Un clic sur Hanoi, Da Nang, Hô Chi Minh-Ville ou Quang Ninh suffit à afficher l’offre locale. C’est pratique, et nul ne le conteste. Mais une vitrine commode ne dit rien de ce qu’il y a derrière.

Je proteste qu’on parle de simplicité d’usage et jamais de maîtrise. La plateforme intègre des liens directs vers Google Maps pour guider les déplacements. Le choix est compréhensible. Il pose pourtant une question que personne ne semble avoir tranchée en public : où s’arrête la carte publique, où commence l’outil d’une entreprise privée, et quelles données circulent de l’une à l’autre ?

Le calendrier interroge aussi. Les collectivités devaient normaliser les premières données avant le 15 octobre. Les 34 provinces et villes ont reçu leurs comptes sur la plateforme. Quelques semaines pour établir une base nationale, c’est court. Qui a vérifié ces données ? Selon quelle méthode ? Avec quels moyens pour les petites structures, loin des grandes villes ? Le premier usage annoncé est modeste : lieu, état de la billetterie et informations pratiques pour les événements du 24 novembre.

Je proteste que la culture soit présentée d’abord comme un marché. Le ministère assure que la carte n’est pas une simple base de référence et veut en faire un mécanisme reliant l’État, les citoyens et les entreprises, pour stimuler l’industrie culturelle. Le Réseau des industries culturelles va dans le même sens. Sa plateforme d’échange doit mettre les créateurs en relation avec les investisseurs et accélérer la commercialisation des droits de propriété intellectuelle. Soutenir les créateurs est légitime. Mais une carte qui range la culture dans une couche « marché » doit dire clairement qui en profite.

Les silences pèsent autant que les annonces. Dans le matériau consulté, rien sur la licence des données, rien sur l’accès des chercheurs, des associations et des troupes à leurs propres fiches, rien sur la correction d’une erreur ou le retrait d’une information. Rien non plus sur l’évaluation de la phase pilote. Une infrastructure culturelle nationale sans ces garanties ressemble à un catalogue, pas à un bien commun.

Les artistes, les théâtres et les troupes ne sont pas des lignes dans un tableau. Les sources officielles disent que la plateforme brise leur isolement. Il reste à prouver qu’elle leur donne la main sur leur présence en ligne, et pas seulement une place sur l’écran d’autrui.

Je proteste enfin contre l’habitude de lancer d’abord et de s’expliquer plus tard. Nous demandons des actes précis et vérifiables. Que le ministère publie les règles de gouvernance des données de la carte, avec la liste des acteurs qui y accèdent. Qu’il indique les conditions de partage avec Google Maps. Qu’il garantisse à chaque structure culturelle le droit de modifier ou de retirer sa fiche. Qu’il rende public, après la Journée de la culture du 24 novembre, un bilan chiffré de la phase pilote : provinces renseignées, événements recensés, erreurs corrigées. Une carte de la culture appartient d’abord à ceux qui la font vivre.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de M.L..