Je proteste contre un deuil national qui s’ouvre sans compte rendu sur les 1,8 milliard promis au rail
Une collision entre un train Iryo et un train de la Renfe a fait au moins 69 morts mercredi 28 octobre près d'Urda, dans la province de Tolède, selon le dernier bilan des autorités locales. Trois jours de deuil national ont été décrétés, à un mois des législatives anticipées du 29 novembre. Le drame survient moins d'un an après celui d'Adamuz, en janvier.
Je proteste d’abord pour les morts. Au moins 69 personnes ont perdu la vie mercredi 28 octobre près d’Urda, dans la province de Tolède. On compte 108 blessés, dont une cinquantaine encore hospitalisés jeudi matin. L’Espagne a décrété trois jours de deuil national. Ce deuil est dû, et il est sincère chez ceux qui le portent. Mais il ne tient pas lieu de réponse.
Les faits connus tiennent en quelques minutes. À 8h53, un train Iryo, avec 152 personnes à bord, et un train de la Renfe, avec près de 400 passagers, sont entrés en collision. Le système de signalisation LZB était tombé en panne vers 8h30 et avait arrêté automatiquement six trains. Quelques minutes plus tard, le centre de contrôle a ordonné au train de la Renfe de repartir. Le ministre des Transports, Óscar Puente, juge cette décision « erronée » et « inexplicable ». Quand un ministre ne s’explique pas un ordre donné dans le système ferroviaire de son pays, l’explication devient une dette publique. L’enquête dira le reste. Nous ne prétendons pas la devancer.
Je proteste contre la répétition. C’est la deuxième catastrophe ferroviaire de l’année. Celle d’Adamuz, en Andalousie, le 18 janvier, a fait 46 morts selon Radio-Canada et 47 selon franceinfo : les sources ne concordent pas sur ce bilan. Le Premier ministre, Pedro Sánchez, a jugé inacceptable que le pays subisse deux accidents majeurs la même année. En février, devant les députés, il décrivait pourtant le système espagnol comme l’un des meilleurs du monde et rappelait que les investissements avaient presque triplé depuis 2018. Ces deux constats cohabitent mal. Ils appellent un arbitrage public, chiffres à l’appui.
Un montant revient sans cesse : 1,8 milliard d’euros. C’est la somme que le chef du gouvernement avait promis d’investir dans la maintenance du réseau après Adamuz. Ce chiffre lui est désormais renvoyé, et franceinfo rapporte les critiques sur des promesses non tenues. Dans les dépêches que nous avons consultées, nul ne dit où en est cet argent : ce qui a été dépensé, sur quelles lignes, avec quels résultats. Ce silence est une faille. Une promesse de sécurité sans tableau de suivi n’est qu’une promesse.
Je proteste contre un calendrier qui broie le débat. Les législatives anticipées, convoquées le 5 octobre, auront lieu le 29 novembre, et le PSOE est mal placé dans les sondages. Vox poursuit ses rassemblements et accuse le Premier ministre d’user du deuil pour étouffer les critiques. Son dirigeant, Santiago Abascal, parle de « gestion criminelle », un mot que nous ne reprenons pas tant que l’enquête n’a pas conclu. Podemos, à l’inverse, a suspendu ses meetings jusqu’à dimanche. Entre ces deux attitudes, la question technique risque de se perdre dans le vacarme.
Des médias locaux laissent entendre que le chef du gouvernement songerait à écarter le ministre des Transports. Un départ ne serait pas une réponse. Le PNV réclame que des responsabilités techniques et politiques soient assumées au plus haut niveau. La coalition Frente Amplio veut que le ministre s’explique devant le Parlement. Ces demandes visent la chaîne entière, pas un seul visage. Sur un réseau où circulent des opérateurs publics et privés, dont Iryo, filiale à 51 % des chemins de fer italiens, chacun doit savoir qui décide, qui contrôle et qui répond.
Je proteste enfin contre l’idée que l’on puisse attendre le scrutin pour savoir. Je réclame des actes précis. Que le gouvernement publie, avant le 29 novembre, l’emploi des 1,8 milliard d’euros, ligne par ligne. Que le ministre des Transports vienne devant les Cortès exposer la chronologie complète de la panne du LZB et de l’ordre de reprise. Que l’enquête promise par Pedro Sánchez rende publiques ses conclusions intermédiaires. Les morts d’Urda méritent mieux qu’un débat de campagne.
RFI, 29/10/2026; Paris Match Belgique, 29/10/2026; Radio-Canada, 29/10/2026; Boursorama, 29/10/2026; franceinfo, 29/10/2026; RTBF, 29/10/2026; Rapporteur, 29/10/2026
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Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de Yvan T..