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J’appelle les fédérations européennes à ne pas laisser l’argent de Naples masquer des tableaux dégarnis

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Aux championnats d'Europe de judo des moins de 23 ans à Naples, trois Belges, Lotte, Valérie et Gabrielle Bouvier, ont pris la médaille d'argent vendredi et samedi. Dans la catégorie des plus de 78 kg, onze combattantes seulement étaient engagées. L'Union européenne de judo note de son côté une légère baisse de participation par rapport aux éditions précédentes.

J’appelle les fédérations européennes à lire Naples autrement que par son tableau des médailles. Ce week-end, aux championnats d’Europe des moins de 23 ans, trois judokates belges ont décroché l’argent. Lotte a perdu sa finale des moins de 48 kg sur ippon, face à une Roumaine. Valérie, 17 ans, s’est inclinée en moins de 70 kg devant une Polonaise, sur une immobilisation. Gabrielle Bouvier, 22 ans, a été surprise au sol en golden score, en plus de 78 kg, par une Roumaine qui avait pourtant reçu deux pénalités.

Trois podiums, c’est une belle moisson. Regardons pourtant la catégorie de Gabrielle. Elle y était tête de série numéro un. Elle n’y comptait que onze combattantes, et L’Avenir relève qu’elle n’a pas eu à trop s’employer pour atteindre la finale. Une finale se perd à un geste près, personne ne le conteste. Mais un tableau de onze n’est pas le terrain qui fait progresser une championne.

J’appelle l’Union européenne de judo à expliquer ce qu’elle constate elle-même. Dans son aperçu de la compétition, elle annonce 284 athlètes de 36 nations, du 30 octobre au 1er novembre, et une légère baisse de participation par rapport aux éditions précédentes. Les sources que j’ai consultées n’avancent aucune cause. Je n’en invente pas. J’attends que l’instance les établisse, chiffres en main : participation par catégorie, par sexe et par nation, sur plusieurs éditions.

Il y a aussi Valérie. À 17 ans, la voilà vice-championne d’Europe dans une compétition ouverte jusqu’à 23 ans. Elle est affiliée à un club de La Louvière fondé en 1983. Le chemin d’un club hennuyer à un podium continental n’a rien d’automatique. Quel accompagnement attend une athlète de cet âge pour la suite ? Aucune des dépêches que j’ai lues ne le dit.

Le même jour, à Ostrava, un autre sport européen écrit une autre page. Les curleuses suisses ont battu l’Écosse 4-3 en demi-finale, alors qu’elles étaient menées 3-1 à mi-parcours. Elles joueront dimanche, à 10 heures, la finale contre la Suède, tenante du titre et invaincue. Elles visent un neuvième sacre continental, après ceux de 2023 et 2024, et revenaient d’un bronze en 2025. Les hommes suisses, eux, sont éliminés après trois défaites en cinq matches.

Je ne prétends pas que l’un explique l’autre. Un jeu de pierres sur la glace et un combat au tapis ne se comparent pas. Mais ces deux scènes posent la même question : que vaut une médaille quand on ignore ce qui se construit derrière elle ? Une finale dure un jour. Une discipline, ce sont des années, des licenciées, des tableaux remplis.

J’appelle les instances nationales du judo, belges comprises, à rendre des comptes précis. Combien de judokates de moins de 23 ans combattent dans les catégories les plus lourdes ? Quelles places, quels moyens, quel suivi pour les plus jeunes médaillées ? Ces réponses existent dans les registres des fédérations. Elles n’ont pas à rester dans un tiroir.

Je demande des actes vérifiables. Que l’Union européenne de judo publie, avant la prochaine édition, la participation par catégorie à Naples et lors des éditions précédentes. Que les instances belges disent ce qu’elles prévoient pour accompagner leurs trois vice-championnes. Et que l’on cesse de prendre un podium pour un bilan. J’appelle chacun à l’exiger.

RTBF, 31 octobre 2026; L'Avenir, 31 octobre 2026; La Libre.be, 31 octobre 2026; Le Nouvelliste, 31 octobre 2026; Blick, 31 octobre 2026; Union européenne de judo, octobre 2026

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de A.D..