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J’alerte sur le mail de soutien aux policiers, qui ne répond pas aux questions du mouvement lycéen

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Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a adressé lundi 2 novembre un mail de soutien à tous les policiers et gendarmes, selon Europe 1. Le message intervient après une mobilisation lycéenne qui a fait des blessés dans les forces de l'ordre comme chez les élèves.

J’alerte sur un message qui remercie les forces de l’ordre sans dire un mot de la méthode. Lundi 2 novembre, selon Europe 1, Laurent Nuñez a fait parvenir à tous les policiers et gendarmes un mail de soutien, dans lequel il exprime sa reconnaissance et annonce qu’il faudra continuer à les surmobiliser. Le travail des agents n’est contesté par personne. Mais un ministre qui écrit à ses troupes pendant qu’une mobilisation lycéenne suscite de vives critiques ne peut pas transformer les questions en hommage.

J’alerte sur des chiffres qui ne se recoupent pas. Le 29 octobre, le ministre annonçait 1.193 policiers et gendarmes blessés depuis le début de la mobilisation, ainsi que 70.000 forces mobilisées pour la journée du 31 octobre, selon Yahoo. Devant les députés, il a avancé 761 policiers et gendarmes, 215 élèves et 89 personnels de l’Éducation nationale blessés, selon LCP. Un syndicat de la magistrature évoquait pour sa part 460 policiers blessés, selon actu17. Ces écarts peuvent tenir aux dates et aux périmètres, mais un bilan public doit préciser ce qu’il compte.

J’alerte sur l’usage de la force. Après le drame de Lens, où un adolescent de 15 ans a été grièvement blessé, le ministre a suspendu l’usage des grenades assourdissantes, présentées comme en cause dans ce drame, selon LCP. Il a aussi fait état de 18 saisines de l’IGPN. Ces mesures sont utiles, mais elles ne disent pas si chaque geste sur le terrain était proportionné, ni quelles suites ont été données.

Le ministre nie toute répression policière. Devant les députés, il a affirmé qu’il n’y avait pas d’intervention des forces face à des lycéens qui manifestent pacifiquement, selon LCP. Une telle affirmation doit être vérifiée dossier par dossier, pas répétée dans un mail.

La gauche doit aussi balayer devant sa porte. Le Syndicat de la magistrature a déjà dénoncé une brutalité policière et des usages manifestement disproportionnés de la force, selon actu17. Le ministre a répliqué en parlant d’accusations graves et sans fondement. Une critique utile suppose des faits établis, et une accusation lancée avant toute enquête affaiblit ceux qui dénoncent de vrais abus.

J’alerte enfin sur l’absence d’un calendrier public. Mardi, le ministre doit être entendu à l’Assemblée nationale sur les défaillances sécuritaires du 17 octobre, selon Europe 1. Je réclame que le ministère publie l’état d’avancement des saisines de l’IGPN, avec le motif de chaque suspension. Je réclame un bilan unique, établi avec l’Éducation nationale, qui distingue les blessés par cause. J’exige que les députés aient accès à ces pièces avant tout débat sur le maintien de l’ordre.

Les policiers méritent une reconnaissance sincère, et les lycéens méritent des réponses aussi précises. Un mail ne remplace ni une enquête ni un bilan vérifiable. Le ministre peut rendre public ce qu’il sait, et la gauche doit exiger des preuves plutôt que des slogans.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de M.L..