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J’accuse Washington de laisser la dette dépasser la taille de l’économie sans choisir de trajectoire

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La dette fédérale américaine détenue par le public a franchi 100 % du produit intérieur brut : elle atteignait 100,2 % à la fin de mars 2026, selon les données du Bureau d'analyse économique. Le niveau n'avait pas été observé de façon durable depuis l'immédiat après-guerre. Le Bureau du budget du Congrès prévoit 120 % en 2036 si la législation ne change pas.

Le chiffre revient aujourd’hui sous la plume de Zonebourse Suisse : la dette fédérale des États-Unis atteint 100 % du PIB. L’information n’est pas neuve. À la fin de mars, le Bureau d’analyse économique a établi la dette détenue par le public à 100,2 % de la richesse produite, soit 31 270 milliards de dollars pour un PIB de 31 220 milliards. Six mois plus tôt, à la clôture de l’exercice budgétaire 2025, le ratio était de 99,5 %.

J’accuse le système politique de Washington d’avoir vu ce seuil approcher pendant des années sans bâtir la moindre réponse. Le record historique, 106 %, date de 1946, au sortir d’une guerre mondiale. Aucun conflit de cette ampleur n’explique la situation d’aujourd’hui. La présidente du Comité pour un budget fédéral responsable, Maya MacGuineas, y voit un renoncement bipartisan aux choix difficiles. Le jugement vise une institution entière, et les chiffres le soutiennent.

Rappelons la pente. En 2001, la dette détenue par le public représentait 32 % du PIB et reculait, alors que l’État fédéral dégageait des excédents de 1 à 2 % de la richesse nationale. Elle est à 100 % aujourd’hui, avec des déficits d’environ 6 % par an, selon le Comité. Le Bureau du budget du Congrès, lui, projette 108 % en 2030 et 120 % en 2036, avec un déficit de 3 100 milliards de dollars cette année-là. Il table sur des recettes de 17 à 18 % du PIB pour des dépenses supérieures à 23 %.

J’accuse un budget fédéral qui consacre désormais plus d’argent aux intérêts de sa dette qu’à sa défense. Selon l’Atlantic Council, la charge nette d’intérêts a dépassé les dépenses militaires dès 2024. Sur cinquante ans, la défense coûtait en moyenne deux fois plus que les intérêts. Chaque dollar versé aux créanciers est un dollar qui ne finance aucun service rendu aujourd’hui.

Les sources ne mesurent pas toutes la même chose, et il faut le dire. La dette détenue par le public tourne autour de 100 % du PIB. La dette brute, qui compte aussi ce qu’une administration doit à une autre, avoisine 126 % selon le Comité, et USAFacts indique 121 % au deuxième trimestre 2026. Axios rappelle que le ratio avait brièvement dépassé 100 % au début de la pandémie, tandis que d’autres médias parlent d’un premier franchissement depuis la Seconde Guerre mondiale. Axios précise aussi que 100 % n’a rien d’un seuil magique : tout dépend de la manière dont on y est arrivé et de la suite.

J’accuse un débat public qui se contente du symbole. Le Wall Street Journal, cité par l’Atlantic Council, avertit que le ratio peut fluctuer selon les recettes fiscales, les remboursements de droits de douane et l’inflation. Le chiffre rond passera, l’attention retombera. Le Comité chiffre pourtant l’effort : environ 10 000 milliards de dollars de réduction du déficit pour stabiliser la dette. Il évoque, parmi d’autres options, un déficit ramené à 3 % du PIB. L’Aurore ne tranche pas entre hausse des recettes et baisse des dépenses. Elle exige que le choix soit fait, et fait au grand jour.

Nous réclamons donc des actes vérifiables. Que le Congrès et l’exécutif adoptent un plan de réduction du déficit, chiffré, avec un objectif et une date. Que toute baisse d’impôt et toute dépense nouvelle soient adoptées avec leur financement, évalué par le Bureau du budget du Congrès. Que les électeurs sachent, avant de voter, ce que chaque camp propose pour arrêter cette pente. Une dette qui dépasse l’économie ne se règle pas par le silence.

Zonebourse Suisse, 29 octobre 2026; The Hill, 30 avril 2026; Committee for a Responsible Federal Budget, 30 avril 2026; Axios, 4 mai 2026; Atlantic Council; USAFacts

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de A.B.R..