J’accuse un gouvernement qui répond au pillage des boutiques par l’ouverture des magasins le dimanche
Après les pillages en marge de la mobilisation du 17 octobre, le gouvernement a annoncé jeudi 29 octobre qu'il faciliterait les ouvertures dominicales jusqu'à Noël. Près de 400 commerces ont été pillés ce jour-là et 3 000 touchés sur deux journées, selon l'exécutif. Le ministre du Travail évoque un volontariat des salariés et un contrôle des préfets.
J’accuse le gouvernement d’avoir répondu à des vitrines brisées par une dérogation au repos du dimanche. Près de 400 commerces ont été pillés le 17 octobre, et 3 000 ont été touchés sur deux journées, d’après l’exécutif lui-même. La réponse tient en une phrase : ouvrez le dimanche, rattrapez-vous.
Les faits d’abord, parce qu’ils pèsent. Mercredi, l’Alliance du commerce a réclamé sur franceinfo une circulaire qui dirait aux préfets d’accorder en urgence des autorisations exceptionnelles. Son directeur général, Yohann Petiot, assure l’avoir demandée aussi au ministère. Mardi, Michel Picon, pour l’Union des entreprises de proximité, plaidait dans Le Parisien pour une ouverture libre le dimanche. Ces commerçants ont perdu du chiffre d’affaires à deux mois de Noël. Leur détresse est réelle. Nous ne la contestons pas.
J’accuse la méthode. Mercredi 28 octobre, la porte-parole Maud Bregeon jugeait la demande recevable et renvoyait l’examen au ministre du Commerce, Serge Papin, sans aucune décision. Jeudi, elle annonçait sur BFMTV et RMC que l’ouverture dominicale serait facilitée d’ici à Noël. Les Echos parlent d’un feu vert. En vingt-quatre heures, une discussion est devenue une orientation, sans qu’aucun texte ne soit montré.
Les sources ne décrivent d’ailleurs pas la même chose. Les Echos annoncent un feu vert. Moneyvox rapporte que le gouvernement compte encourager maires et préfets à autoriser ces ouvertures. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, dit sur France Inter que c’est « presque un OK de principe ». Un feu vert, un encouragement et un presque : les commerçants comme les salariés ont droit à une règle, pas à un nuancier.
J’accuse le volontariat de tenir lieu de garantie. M. Farandou promet que ces dimanches se feront sur la base du volontariat des salariés. Qui a déjà travaillé en décembre sait ce que pèse un refus adressé à son employeur. Dans les déclarations rapportées, aucune contrepartie de salaire n’est détaillée, aucune protection contre les représailles n’est écrite. Le ministre assure qu’on ne fera pas n’importe quoi. Qu’on l’écrive, alors.
Le mal est aussi ailleurs. Rouvrir un dimanche rattrape un manque à gagner, mais ne répare ni un rideau de fer, ni une vitrine, ni la confiance de ceux qui ont vu leur boutique saccagée. Le ministre renvoie aux préfets le soin de vérifier les conditions de sécurité. C’est déplacer la question, non y répondre. Dans ce que nous avons pu lire, aucune indemnisation ni aucun dispositif de protection des commerces des samedis de manifestation n’est annoncé.
La gauche n’est pas quitte pour autant. Défendre le repos dominical par réflexe, sans dire comment on aide les commerçants touchés, serait une posture et non une politique. Qu’elle s’oppose à cette dérogation, soit. Mais qu’elle dise par quoi elle la remplace, avec des montants et des dates, et qu’elle ne laisse pas la seule demande patronale occuper le terrain.
Nous réclamons des actes, et ils sont simples à vérifier. Que la circulaire soit publiée, avec sa durée limitée à Noël, son périmètre et le rôle exact des préfets. Que le droit de refuser de travailler le dimanche, sans sanction, y soit inscrit noir sur blanc. Que les contreparties des salariés concernés soient chiffrées. Et que le gouvernement publie le bilan des commerces touchés, ainsi que les aides ou indemnisations prévues pour eux. Tant que ces quatre points manquent, ce n’est pas une politique du commerce. C’est une annonce.
Les Echos, 29/10/2026; franceinfo, 29/10/2026; ICI (France Bleu), 28/10/2026; Politique Matin, 28/10/2026; Moneyvox, 29/10/2026
- Commerce : après les violences, le gouvernement donne son feu vert à des ouvertures facilitées le dimanche (Les Echos)
- Manifestations : Jean-Pierre Farandou veut donner un "OK de principe" aux commerçants qui veulent ouvrir le dimanche (franceinfo)
- Manifestations : des commerçants réclament de pouvoir ouvrir le dimanche pour rattraper leur chiffre d'affaires (ICI (France Bleu))
- Commerces ouverts le dimanche : le gouvernement examine des dérogations après les manifestations (Politique Matin)
- Commerces : le gouvernement veut faciliter l'ouverture le dimanche jusqu'à Noël (Moneyvox)
Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de La Redaction de lAurore.