J’accuse un G20 sans décisions de réunir Washington et Moscou à Atlanta pendant que l’énergie flambe
Les ministres des Affaires étrangères du G20 se réunissent à Atlanta, aux États-Unis, ce vendredi et ce samedi, sous la présidence du secrétaire d'État Marco Rubio. Le Russe Sergueï Lavrov est sur place. Selon l'AFP, personne n'attend d'avancées, alors que les discussions sur l'Ukraine sont à l'arrêt et que les prix de l'énergie ont bondi depuis les frappes sur l'Iran de la fin février.
Atlanta, ce vendredi. Les ministres des Affaires étrangères du G20 s’y réunissent jusqu’à samedi sous la présidence du secrétaire d’État américain Marco Rubio. Le Russe Sergueï Lavrov est arrivé, a indiqué l’agence Tass. L’AFP résume l’attente en une phrase : personne ne s’attend à des avancées. Voilà donc une réunion dont on connaît d’avance le bilan.
J’accuse cette enceinte de s’être installée dans l’impuissance. Le G20 rassemble les grandes économies, mais il a perdu de son lustre sans produire de grandes décisions, note l’AFP. Une source diplomatique rapporte que la présidence américaine veut faire du sommet de Miami, à la mi-décembre, une vitrine de puissance plutôt qu’un rendez-vous d’ambition sur le fond. On réunit le monde pour une photographie. Les crises, elles, n’attendent pas la pose.
J’accuse le calendrier de ressembler à celui d’une escalade préparée à bas bruit. Les prix de l’énergie ont bondi depuis les frappes américano-israéliennes sur l’Iran de la fin février, qui ont conduit Téhéran à bloquer le détroit d’Ormuz. Selon le Wall Street Journal, Washington a demandé à plusieurs pays du Golfe de se tenir prêts pour une campagne courte et intense après les élections américaines du 3 novembre. Le président américain a lui-même évoqué, la semaine dernière, un possible nouvel épisode de son offensive. Ceux qui paient l’énergie au prix fort méritent de savoir ce que leurs gouvernements en pensent.
Sur l’Ukraine, les discussions sont à l’arrêt depuis le début de l’année. Une rencontre entre Russes, Ukrainiens et Américains pourrait se tenir en novembre aux Émirats arabes unis, mais Washington ne l’a pas confirmée. Moscou fait savoir que son ministre réclamera la levée des sanctions. Donald Trump a invité Vladimir Poutine au sommet de décembre et attend sa réponse. Une invitation lancée, une confirmation attendue. Aucun calendrier public ne dit ce que cette diplomatie compte obtenir pour l’Ukraine.
J’accuse aussi la prudence européenne de se contenter de formules. La France, qui préside le G7 cette année, est représentée par son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Une source diplomatique assure que la présence de Lavrov ne normalise en rien ses actes ni ses positions, et que les Européens défendront fermement leur ligne sur l’Ukraine. Soit. Mais une ligne ferme, sans échéance ni mesure vérifiable, reste un slogan. Pékin, de son côté, a choisi d’envoyer son vice-ministre, Ma Zhaoxu.
Rester à la table n’est pas une faute. Quitter la salle ne pèserait rien non plus, si aucun acte ne suivait. La faute serait de siéger sans rien porter. Cette exigence vaut pour tous, à gauche comme à droite, au pouvoir comme dans l’opposition : chacun doit dire ce qu’il veut obtenir, et pas seulement ce qu’il condamne.
J’accuse enfin le silence qui entoure ce que Paris est venu chercher. Il faut des actes simples, que chacun pourra vérifier. Que le ministre des Affaires étrangères rende publiques, avant la fin de la réunion samedi, les demandes précises portées par la France sur l’Ukraine, l’Iran et l’énergie. Que le gouvernement dise s’il a été informé des préparatifs d’une nouvelle campagne au Moyen-Orient, et quelle est sa position. Que la présidence française du G7 inscrive à son ordre du jour la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et le prix de l’énergie. Que le Parlement en débatte avant le sommet de Miami. Un G20 qui ne décide rien n’oblige pas la France à se taire.
Le Parisien, 30 octobre 2026; AFP via Boursorama, 30 octobre 2026; AFP via France 24, 30 octobre 2026; AFP via La Libre, 30 octobre 2026
- Les États-Unis reçoivent les membres du G20 ce vendredi, le ministre russe des Affaires étrangères présent (Le Parisien)
- Rubio reçoit ses pairs du G20 en plein désordre mondial (AFP via Boursorama)
- Rubio hosts G20 ministers as Iran, Ukraine wars divide members (AFP via France 24)
- Rubio reçoit ses pairs du G20 en plein désordre mondial (La Libre)
Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de Yvan T..