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J’accuse l’Union européenne de vanter son partenariat avec la Tunisie sans bilan public des droits humains

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La délégation de l'Union européenne en Tunisie a réaffirmé sa volonté de consolider le partenariat avec Tunis, à travers une coopération renforcée et des investissements. Ce message intervient alors que le mémorandum migratoire de 2023 fait l'objet de critiques d'ONG et d'Amnesty International.

J’accuse la communication de l’Union européenne sur son partenariat avec la Tunisie. Coopération renforcée, investissements, initiatives concrètes : le vocabulaire est rodé. La Délégation de l’UE à Tunis l’a repris lors de la quatrième réunion de la Commission parlementaire mixte, réunie à Bruxelles, en insistant sur les liens humains entre les deux rives. Je ne nie pas ces échanges. Je conteste qu’ils suffisent à rendre compte de ce que l’Europe fait réellement.

Le cadre de cette relation reste le mémorandum signé le 16 juillet 2023. Il repose sur cinq axes : stabilité macroéconomique, commerce et investissements, transition énergétique, échanges entre citoyens, migration et mobilité. C’est sur le volet migratoire que les critiques sont les plus vives, et que le silence officiel pèse le plus.

J’accuse un bilan migratoire que l’on préfère laisser dans l’ombre. Trois ans après la signature, Amnesty International affirme que le soutien européen aux contrôles aux frontières continue d’alimenter de graves violations contre les personnes migrantes, demandeuses d’asile et réfugiées. Quarante-six organisations de défense des droits et d’aide humanitaire réclament que l’UE dénonce publiquement ces abus et cesse de financer les mesures abusives de contrôle.

Les moyens engagés posent également question. Selon Amnesty, la Commission a révélé en avril 2026 un programme d’aide à la gestion migratoire de 675 millions d’euros, Tunisie comprise, pour la période 2025-2027. Deux navires de recherche et de sauvetage ont été livrés en septembre 2025, et trois autres étaient annoncés en juin 2026 dans une lettre divulguée aux États membres. Ces chiffres ne disent rien, à eux seuls, de la manière dont ces équipements sont utilisés.

J’accuse aussi l’opacité de l’évaluation. Une mission venue de Bruxelles a conduit, en avril 2026, un exercice périodique d’évaluation du mémorandum. D’après L’Économiste maghrébin, les avancées sont les plus nettes en migration et en énergie, le commerce restant en retrait. Je n’ai pas trouvé, dans les éléments publics disponibles, de volet consacré aux droits humains dans ce bilan.

La Tunisie, de son côté, réclame la révision de l’accord d’association. La France a soutenu cette demande, selon La Presse, et le représentant de l’UE à Tunis s’est dit ouvert à des propositions d’actualisation. Le débat s’oriente donc vers les règles commerciales et l’accès au marché. Il doit aussi porter sur les garanties attachées aux financements.

Je réclame donc des actes précis et vérifiables. Publier le texte intégral de l’évaluation d’avril 2026, avec un chapitre consacré aux droits humains. Communiquer, pays par pays, le détail du programme de 675 millions d’euros et ses conditions de versement. Subordonner les navires et les crédits à un mécanisme indépendant de suivi, doté de rapports annuels accessibles au public.

Une communication sur le partenariat ne vaut pas bilan. Tant que les rapports des ONG et les données officielles ne seront pas confrontés dans un même document public, les mots d’engagement resteront des mots. L’Europe peut démentir ce soupçon : il lui suffit de publier ce qu’elle a déjà évalué.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de T.R..