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J’accuse les laboratoires du Xinjiang, et ceux qui ont acheté leurs séquenceurs les yeux fermés

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Les États-Unis interdisent les importations de BGI Genomics, MGI Tech et Shenzhen BGI Technology, accusées d'avoir contribué à la collecte de données génétiques de minorités persécutées au Xinjiang. Washington veut aussi restreindre les investissements dans la biotech chinoise. L'Aurore regarde l'Europe.

Les mots sont lourds : travail forcé, collecte de données génétiques de minorités persécutées. Les cibles sont précises : trois entreprises chinoises de génomique, dont le géant BGI. La sanction est nette : interdiction d’importer. Et Donald Trump annonce vouloir restreindre les investissements américains dans la biotechnologie chinoise.

On peut discuter des motifs commerciaux derrière la décision américaine. On peut y voir de la guerre économique. Mais la question que l’Aurore pose n’est pas celle-là.

J’accuse les hôpitaux, les laboratoires et les universités d’Europe qui ont acheté, pendant des années, des séquenceurs et des services à ces entreprises sans jamais demander d’où venaient les données d’entraînement ni ce que l’on faisait des leurs.

J’accuse l’Union européenne de n’avoir toujours pas de doctrine sur la génomique comme enjeu de souveraineté, alors qu’elle en a une sur les semi-conducteurs depuis des années.

J’accuse la commodité de penser que l’ADN est une affaire de santé, quand il est devenu une affaire d’État.

Que la Commission dise si elle envisage des mesures équivalentes. Que les grands centres hospitaliers français publient la liste de leurs fournisseurs de séquençage. Un génome n’est pas un lot de tee-shirts.

BFM Business via Presse Évasion (29/10/2026).