Internationale

J’accuse le monde de s’être habitué à voir brûler les navires à Ormuz

Un navire en feu signalé dans le détroit d'Ormuz, au large d'Oman. Un nouveau missile balistique houthiste intercepté par la coalition menée par Riyad. Deux dépêches, quelques lignes chacune. L'Aurore refuse la routine.

Il y a quelques années, un navire en feu dans le détroit d’Ormuz aurait fait la une de tous les journaux du monde. Aujourd’hui, c’est une brève. Un paragraphe. On signale, on passe. Un missile balistique tiré par les houthistes et intercepté par la coalition saoudienne ? Un autre paragraphe.

Ormuz, c’est un cinquième du pétrole mondial. C’est le prix du plein à Poissy comme à Lagos. C’est la ligne de vie d’économies entières. Et nous lisons ces nouvelles comme on lit la météo.

J’accuse l’accoutumance. Une guerre qui dure devient un bruit de fond, et un bruit de fond ne gêne plus personne. C’est exactement ainsi que les conflits s’installent pour des décennies.

J’accuse les chancelleries européennes de n’avoir ni stratégie ni voix dans cette région, sinon celle de s’inquiéter poliment lorsqu’un pétrolier flambe.

J’accuse les médias, l’Aurore comprise, de traiter le Moyen-Orient par dépêches, sans jamais expliquer qui tire, pourquoi, et qui paie.

Nous publierons dans les jours qui viennent une chronologie complète des incidents à Ormuz et en mer Rouge depuis le début de l’année. Parce qu’une guerre que l’on ne compte plus est une guerre que l’on accepte.

Dépêches du 29/10/2026 via Titres Presse ; agences.