J’accuse l’Europe d’avoir attendu deux cents scientifiques pour regarder la mer
Près de 200 scientifiques étudient le milieu marin des îles Desertas, à Madère, pour mesurer ce que la protection des océans rend à la biodiversité. L'Aurore salue l'expédition, et interroge ce qu'on en fera.
Pour une fois, une bonne nouvelle, et nous la prenons. Deux cents chercheurs, au large de Madère, plongent, comptent, prélèvent. Leur mission : montrer, chiffres à l’appui, comment une aire marine protégée redonne vie à l’océan et aide à affronter le changement climatique.
C’est de la science comme on l’aime : patiente, collective, vérifiable. Et c’est précisément pour cela qu’il faut en parler avant les conclusions, pas seulement après.
J’accuse les États côtiers européens d’avoir multiplié les aires marines « protégées » sur le papier sans y interdire grand-chose. Une zone protégée où l’on chalute est un mensonge cartographié.
J’accuse la France, deuxième domaine maritime du monde, de parler d’océan dans les sommets et de laisser ses propres eaux en déficit de moyens de contrôle.
J’accuse l’usage qui sera fait de ces résultats : on les citera dans les discours, on ne les traduira pas en règlements.
Que les conclusions de Madère soient publiées en accès libre. Que chaque État membre dise, pour chacune de ses aires marines, ce qui y est réellement interdit. La mer ne lit pas les plaquettes.
Euronews (29/10/2026).