J’exige que le dialogue sino-européen s’appuie sur des faits publics et vérifiables
Le ministère chinois du Commerce demande à l'Union européenne de traiter ses différends commerciaux par la discussion, vendredi 6 novembre 2026. Le même jour, Pékin défend l'ouverture de deux enquêtes antidumping visant des produits européens.
J’exige que le mot « dialogue » ne serve plus de décor. Vendredi, le ministère chinois du Commerce a pressé Bruxelles de regarder ses propres difficultés économiques et commerciales, puis de traiter les préoccupations mutuelles par l’échange et la consultation. Le message a été livré en réponse à une question de la presse.
Le contexte est plus précis que le slogan. Pékin a lancé deux enquêtes antidumping sur des importations originaires de l’Union, portant sur des fils de filaments de para-aramide et sur de l’éthylidène norbornène. Selon le ministère, ces procédures font suite à des demandes déposées par des industries nationales. Le porte-parole affirme aussi que le protectionnisme ne renforce pas la compétitivité européenne.
J’exige que chaque engagement pris à Pékin et à Bruxelles soit documenté. Le mécanisme de consultation sur le commerce et l’investissement a tenu sa deuxième réunion les 8 et 9 octobre, coprésidée par Wang Wentao, ministre chinois du Commerce, et Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique. Les conclusions évoquent des dispositifs médicaux, des cosmétiques, des produits pharmaceutiques, des onduleurs et des produits agroalimentaires. Les dépêches consultées ne détaillent ni les volumes ni les échéances de ces dossiers.
Les sources divergent sur le bilan. Pour Pékin, la réunion a montré que les deux parties savent gérer leurs désaccords par le dialogue. Des analystes chinois cités par le Global Times jugent que l’approche européenne, qui consiste à négocier tout en durcissant ses positions, mine la confiance. China Daily, de son côté, reproche à Bruxelles de nouvelles restrictions prises après ces consultations. Les dépêches consultées ne contiennent aucune réponse de la Commission européenne.
Les chiffres pèsent, eux aussi. Selon Yeni Şafak, l’Union a importé pour 559,4 milliards d’euros de biens chinois en 2025 et en a exporté pour 199,6 milliards, soit un déficit de 359,8 milliards d’euros. Une tribune de China Daily rappelle que ce déséquilibre nourrit les inquiétudes européennes. Aucun texte publié à ce stade ne permet de vérifier comment les parties comptent le réduire.
J’exige des actes précis et contrôlables. Je demande d’abord que le ministère publie les critères, le calendrier et les décisions intermédiaires de ses deux enquêtes antidumping. Je réclame ensuite que la Commission européenne publie la liste des restrictions contestées par Pékin et un suivi chiffré des engagements pris en octobre.
Trois mesures suffiraient à sortir du bras de fer verbal : publier les textes des conclusions, chiffrer les dossiers en suspens et fixer une date publique pour la prochaine réunion. Le public européen comme le public chinois doit pouvoir comparer les promesses aux résultats. Sans cela, le mot dialogue restera une formule, et les entreprises des deux côtés continueront d’attendre des réponses.
Xinhua (français), 6 novembre 2026 ; Xinhua (anglais), 6 novembre 2026 ; China Daily, 2 novembre 2026 ; Global Times, octobre 2026 ; Yeni Şafak, 7 octobre 2026
- La Chine exhorte l'UE à traiter les préoccupations mutuelles par le dialogue et la consultation (Xinhua (français))
- China urges EU to resolve mutual concerns through dialogue, consultation (Xinhua (anglais))
- EU businesses seek greater cooperation, not the restrictive policies from Brussels: China Daily editorial (China Daily)
- EU's 'talk-while-fighting' approach on China trade 'counterproductive' (Global Times)
Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de Yvan T..