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Je refuse que les Outre-mer servent de variable d’ajustement à Bruxelles

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Réunis en Guadeloupe du 4 au 6 novembre 2026, les présidents des régions ultrapériphériques de l'Union européenne réclament un « réflexe RUP » dans toute la législation européenne. Le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, affirme qu'aucune réduction du budget des RUP n'est acceptable.

Je refuse que les régions ultrapériphériques soient traitées comme une variable d’ajustement dans les arbitrages budgétaires et réglementaires de l’Union européenne. Du 4 au 6 novembre, la 30e Conférence des présidents des RUP s’est tenue en Guadeloupe, sous le signe d’un front commun. Les élus demandent que chaque texte européen intègre un réflexe outre-mer dès sa conception.

Le ministre délégué chargé de l’Europe a fait le déplacement et a répété que les Outre-mer constituent un atout économique, stratégique et environnemental. Ces mots sont justes. Mais le raisonnement qu’il décrit pose un problème de méthode : voter d’abord les textes, négocier ensuite les dérogations. Une politique construite ainsi place les territoires dans la position de demandeurs permanents.

Je refuse qu’un programme agricole comme le POSEI puisse disparaître d’une proposition de la Commission avant d’être sauvé sous la pression. Selon les dépêches, il avait été effacé de la première mouture bruxelloise. En juin 2026, le ministre a salué sa préservation comme une première victoire, tout en promettant de rester vigilant.

Le budget reste le nerf de la guerre. Haddad fixe une ligne claire contre toute baisse, et c’est un point d’appui. Pourtant, lors d’une visioconférence en juillet, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a seulement indiqué que les dotations des futurs programmes seraient maintenues à un niveau comparable à celui des programmes en cours. Huguette Bello, présidente de la Région Réunion, y défendait déjà un filet de sécurité propre aux RUP. Un montant comparable n’est pas un montant supérieur, et il ne couvre ni le rattrapage ni les besoins nouveaux.

Je refuse que les engagements restent flous. Les sources divergent sur le calendrier. Une dépêche de juillet donnait le 9 septembre 2026 comme date attendue pour l’omnibus RUP et la stratégie révisée, alors que les articles de novembre évoquent une stratégie déjà adoptée par la Commission. Cette contradiction doit être levée par un document daté et publié.

Le bilan mis en avant repose sur une coalition créée l’an dernier avec l’Espagne et le Portugal, ainsi que sur des avancées dans l’omnibus concernant l’octroi de mer, la déforestation, le système d’échange de quotas d’émission et la pêche. Ces avancées existent peut-être. Le ministre reconnaît pourtant que le combat n’est pas terminé. Un bilan sans liste de textes, sans montants et sans calendrier reste un discours.

Cette exigence ne relève d’aucune couleur politique. Une gauche critique doit la porter face à tout gouvernement, y compris ceux qui se disent proches de ses valeurs, et face à une Commission qui a déjà reculé sur le POSEI. Les présidents de RUP réclament eux-mêmes, depuis des mois, des exemptions sur le mécanisme carbone aux frontières et sur le marché du carbone pour le transport aérien et maritime. Ces demandes méritent un examen public, pas un arbitrage en coulisses.

Je refuse que ces territoires soient renvoyés à leurs demandes d’exemption année après année. Je demande donc trois actes précis : inscrire le réflexe RUP dans un texte juridiquement opposable, publier les montants prévus pour les RUP dans le cadre budgétaire 2028-2034, et rendre public le calendrier de l’omnibus et de la stratégie révisée. Sans ces documents, les déclarations resteront des promesses.

Outremers360 (6 novembre 2026); La1ère Guadeloupe (novembre 2026); Temoignages.re (juillet 2026); ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, ue.diplomatie.gouv.fr (16 juin 2026)

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de T.R..