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Je refuse que le mot « référendum » et le droit des Sahraouis disparaissent dans un duel de vetos

Afrique · · · Éditorial

Le Conseil de sécurité n'a adopté aucun des deux projets sur la MINURSO soumis au vote le 30 octobre. Le mandat de la mission, créée en 1991, expire ce samedi sans texte de remplacement. Rabat présente cette issue comme une étape vers la clôture du dossier à l'ONU. Alger regrette le non-renouvellement et dénonce la partialité du projet américain.

Je refuse que la fin d’une mission vieille de trente-cinq ans soit rangée parmi les péripéties de New York. Vendredi 30 octobre, le Conseil de sécurité n’a adopté aucun des deux textes soumis à son vote. Le projet américain a réuni onze voix pour et trois abstentions, mais la Russie y a opposé son veto. Le contre-projet russe n’a recueilli que trois voix, les États-Unis votant contre et tous les autres membres s’abstenant. C’est la première fois depuis sa création que la MINURSO n’est pas renouvelée.

Regardons ce que contenait le texte tombé vendredi. Dans sa version du 20 octobre, il rebaptisait la mission, mettait fin à son volet de maintien de la paix le 30 avril 2027 et faisait disparaître le mot référendum. Il retenait l’autonomie sous souveraineté marocaine comme seule base de négociation. Une deuxième version a réaffirmé l’autodétermination, nommé l’Algérie dans le préambule et cessé de présenter ce plan comme la seule solution réalisable. Le plan restait pourtant le socle. Pour Alger, la version finale vidait malgré tout l’autodétermination de sa substance.

Je refuse que le droit d’un peuple devienne une variable de rédaction, qu’on ajuste d’une version à l’autre selon l’état du rapport de force. Le statut du Sahara occidental demeure une question de décolonisation non résolue, et l’autodétermination reste au centre du cadre juridique international. Le non-renouvellement ne règle pas ce statut et ne vaut pas reconnaissance de la souveraineté marocaine. Selon TSA, des pays qui ont voté pour le texte américain ont tenu à préciser que leur vote n’était ni une reconnaissance de cette souveraineté ni l’approbation d’un résultat décidé d’avance.

Chacun lit pourtant cette nuit à sa façon. Des commentateurs proches de Rabat estiment que l’épisode conforte le plan d’autonomie. Alger affirme que son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, avait alerté par écrit les membres du Conseil avant le vote. Les sources se contredisent aussi sur un point technique. Selon Le Desk, le vote américain contre le texte russe n’a pas valeur de veto, faute pour ce texte d’avoir réuni neuf voix. Telquel parle d’un veto américain. Quelle que soit la qualification, le résultat est identique.

Je refuse qu’un Conseil capable d’adopter un cadre en 2025 ne sache plus, un an plus tard, prolonger sa propre mission. En 2025, un texte avait été adopté par onze voix contre zéro, avec l’abstention de Moscou, Pékin et Islamabad, l’Algérie n’ayant pas voté. Cette résolution jugeait qu’une autonomie authentique sous souveraineté marocaine pourrait être la solution la plus réalisable, ce qu’aucun mandat n’avait affirmé jusque-là. Le projet de cette année, fortement appuyé par la France, supprimait toute référence au référendum. Chaque mandat resserre le cadre. Le vide de vendredi n’est que l’aboutissement.

Je refuse aussi l’alternative offerte par Moscou, qui n’était pas une réponse. Son texte se bornait à reconduire le mandat jusqu’au 31 octobre 2027. Une prorogation sans horizon politique ne protège personne. Elle gèle l’impasse. Entre un texte qui efface le référendum et un texte qui ne propose rien, les Sahraouis, dont le sort des réfugiés de Tindouf n’apparaissait que dans une version du projet américain, n’avaient aucun bon choix. Ce n’est pas un hasard de calendrier. C’est une faillite de méthode.

Je refuse enfin que l’on s’en tienne aux communiqués. Trois voies restent ouvertes : une prorogation technique, un compromis temporaire, ou le retour d’un texte américain remanié. Aucune ne s’imposera sans pression publique. J’exige donc des actes que chacun pourra vérifier. Que le Conseil de sécurité se réunisse de nouveau et mette aux voix une prorogation technique, afin que la mission retrouve une autorisation. Que tout texte futur nomme l’autodétermination et le référendum, ou dise par écrit pourquoi il les retire. Que les votes et leurs motifs soient publiés. Que les réfugiés de Tindouf et le Front Polisario soient entendus avant toute nouvelle rédaction. Un conflit qui dure depuis 1991 ne se règle pas en supprimant une lettre dans un sigle.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de T.R..