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Je refuse que le 17 octobre finisse en querelle de responsabilités sans réponses

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Le 17 octobre 2026, des manifestations ont dégénéré en émeutes et en pillages dans plusieurs villes. Un bilan provisoire des autorités daté du 18 octobre fait état de 1 200 interpellations et de 150 policiers et gendarmes blessés. La commission des lois de l'Assemblée nationale a reçu les pouvoirs d'une commission d'enquête sur ces journées, et deux juristes publient une analyse constitutionnelle de leurs suites.

Je refuse que le 17 octobre soit rangé parmi les jours de désordre dont on ne garde que des vitrines brisées. Ce samedi-là, des manifestations contre l’abandon des services publics ont basculé, dans plusieurs villes, en émeutes et en pillages. La mairie de Limoges et la résidence préfectorale de Bordeaux figurent parmi les biens publics détruits. Quatorze jours ont passé. La République doit des réponses aux commerçants durement touchés, aux policiers blessés, et aux manifestants pacifiques qui ont reçu les gaz.

Le bilan provisoire des autorités, daté du 18 octobre, recense 1 200 interpellations dans le pays, dont 855 dans l’agglomération parisienne. Il compte aussi 150 policiers et gendarmes blessés, dont 13 à Paris. Provisoire : voilà le mot qui me gêne. Je n’ai trouvé aucun bilan consolidé. Combien de gardes à vue, de poursuites, de condamnations ? Combien de plaintes de commerçants instruites ? Deux syndicats de police, Alliance et Un1té, jugent les suites judiciaires insuffisantes. Sans chiffres, chacun plaide sa version.

Je refuse que la responsabilité du ministre de l’Intérieur se règle d’une phrase. Les professeurs de droit public Denis Baranger et Olivier Beaud saluent le « bon réflexe » de Laurent Nuñez, qui s’est estimé responsable des fautes commises ce jour-là par les forces de l’ordre. Ils soulignent pourtant le risque d’un gouvernement qui aurait failli sans que sa responsabilité soit réellement mise en cause. Dire « je suis responsable » n’est pas rendre des comptes. Rendre des comptes, c’est dire qui a décidé quoi, sur quelles consignes, et en tirer les conséquences.

L’Assemblée a choisi la commission des lois, dotée des pouvoirs d’une commission d’enquête, pour éclairer les journées des 17 et 18 octobre. Yaël Braun-Pivet l’avait annoncé, avec la stratégie de maintien de l’ordre au programme. Plusieurs rapporteurs de bords différents sont prévus, et les groupes de gauche doivent encore s’accorder sur un rapporteur commun. L’outil est bon. Il ne vaudra que par ses auditions publiques, les documents qu’il obtiendra et un rapport rendu à temps. Une commission qui s’éternise enterre l’affaire avec les honneurs.

Je refuse que l’adolescent de 17 ans blessé à la main par une grenade à Saint-Étienne devienne une ligne de bilan. Le parquet a ouvert une enquête, confiée à l’IGPN et à l’IGGN. Des manifestants et des députés présents dans les cortèges ont aussi décrit un usage disproportionné du gaz lacrymogène, alors que les cortèges eux-mêmes étaient plutôt pacifiques. Ces témoignages ne sont pas des preuves. Ce sont des raisons d’enquêter, et de dire publiquement quelles unités ont employé quelles armes, sur quels ordres.

On entend aussi des appels aux pouvoirs exceptionnels. Un cabinet d’avocats a examiné l’article 16 de la Constitution. Il rappelle qu’il faut une menace grave et immédiate contre les institutions et l’interruption de leur fonctionnement régulier, ce que des émeutes ne réalisent pas tant que le Parlement siège et que la justice juge. Je partage cette lecture. Le droit commun permet de punir pillages et violences. La difficulté, souligne le Laboratoire de la République, tient à l’anticipation, à l’identification des auteurs et à la solidité des preuves.

Je refuse aussi l’indulgence à gauche. Le pillage d’un magasin n’est pas une revendication sociale, et les lycéens et citoyens qui ont défilé n’ont pas à être confondus avec les casseurs. Selon Baranger et Beaud, Manuel Bompard, secrétaire général de LFI, a imputé le fiasco au gouvernement le 20 octobre et accusé le ministre d’avoir manipulé les services de renseignement contre son mouvement. L’accusation est lourde. Qu’elle soit étayée devant la commission, ou qu’on cesse de la répéter. Les mêmes juristes notent que l’opposition a cette fois choisi la voie pénale. Elle ne dispense pas du travail politique.

Voici donc ce que j’attends, et que chacun pourra vérifier. Un bilan consolidé et public des interpellations, des poursuites et des condamnations. Des auditions publiques devant la commission des lois, du ministre comme des responsables de terrain. La publication des consignes de maintien de l’ordre des 17 et 18 octobre. Les conclusions des inspections sur Saint-Étienne, rendues publiques. Une indemnisation rapide des commerçants : ils ne peuvent pas attendre 2027, a-t-on dit à l’Assemblée. Et que chaque camp prouve ce qu’il avance, ou se taise.

Jus Politicum, blog, 30 octobre 2026; Wikipédia, Manifestations du 17 octobre 2026, consulté le 31 octobre 2026; Assemblée nationale, compte rendu du 20 octobre 2026; Projet Arcadie; Kohen Avocats; Le Laboratoire de la République

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de T.R..