Je proteste contre des prévisions de déficit gardées intactes malgré une croissance ramenée à 0,5 %
Le gouvernement maintient ses prévisions pour 2026, avec un déficit public de 5,4 % du PIB et une croissance de 0,5 %. Le ministre de l'Économie juge qu'aucune raison ne justifie de modifier la cible de déficit. En septembre, des médias évoquaient déjà un objectif de 5 % abandonné.
Je proteste contre une méthode qui consiste à garder des chiffres intacts alors que leurs hypothèses se dégradent. Ce mercredi 4 novembre, le gouvernement affiche toujours pour 2026 un déficit public de 5,4 % du PIB et une croissance de 0,5 %. Les dépêches publiées dans la journée, de L’Alsace, Sud Ouest et BFM, décrivent un scénario mis à mal et une activité qui patine.
Je proteste aussi contre la réponse officielle. Roland Lescure, ministre de l’Économie, reconnaît que ces prévisions sont en deçà des attentes et qu’elles ont surpris l’ensemble des prévisionnistes. Il juge pourtant qu’il n’y a aucune raison de toucher à la cible, qu’il présente comme une estimation solide. Reconnaître un écart sans en tirer la moindre conséquence est un choix, et ce choix doit être défendu chiffres à l’appui.
Les sources ne se recoupent pas. En septembre, le gouvernement avait déjà ramené la croissance 2026 à 0,5 %, tandis que Journal du Net jugeait la cible de 5 % du PIB définitivement caduque. Aujourd’hui, l’exécutif défend un déficit de 5,4 %, alors que des économistes anticipaient entre 5,2 % et 5,3 % à la même époque. Le lecteur ne sait plus quel chiffre engage réellement l’exécutif.
Je proteste contre la logique budgétaire de ce maintien. Une croissance plus faible réduit mécaniquement les recettes issues de la TVA, de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur le revenu. Garder le même déficit suppose donc soit des économies supplémentaires, soit des recettes nouvelles. Les éléments disponibles ne disent pas laquelle de ces voies l’exécutif retient.
La question de fond dépasse le chiffre. Maintenir une cible revient à parier sur une reprise que les derniers indicateurs peinent à confirmer. En septembre, l’Insee avait déjà ramené sa propre prévision de croissance de 0,7 % à 0,4 %. Le pari devient difficile à lire comme une simple prudence.
Cette critique vaut aussi pour la gauche, et je le dis sans détour. Réclamer davantage de dépenses publiques sans dire comment les financer ne tient pas mieux qu’une cible tenue par habitude. Un budget se juge à ses hypothèses, et celles de la gauche doivent supporter le même examen que celles de l’exécutif.
Nous réclamons trois actes vérifiables. D’abord, publier le scénario complet de recettes et de dépenses qui sous-tend le déficit de 5,4 %. Ensuite, chiffrer les économies ou les recettes nouvelles nécessaires si la croissance reste à 0,5 %. Enfin, présenter au Parlement un tableau comparant les hypothèses de septembre à celles d’aujourd’hui, avant le débat sur le prochain budget.
L'Alsace (04/11/2026); Sud Ouest (04/11/2026); BFM (04/11/2026); Headtopics, reprise AFP (04/11/2026); Journal du Net (11/09/2026)
- « Difficilement atteignable » : les prévisions de croissance du gouvernement mises à mal (L'Alsace)
- Le gouvernement maintient ses prévisions pour 2026 d'un déficit à 5,4 % du PIB et d'une croissance de 0,5 % (Sud Ouest)
- Malgré une activité qui patine, le gouvernement maintient ses prévisions à 0,5% de croissance et 5,4% de déficit pour 2026 (BFM)
- Le gouvernement maintient ses prévisions pour 2026 d'un déficit à 5,4 % du PIB et d'une croissance de 0,5 % (Headtopics)
- Le gouvernement révise à la baisse sa prévision de croissance pour 2026 (Journal du Net)
Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de Yvan T..