Asie

Je condamne qu’un miel de Vaison conquière l’Asie sans que l’on sache qui l’accompagne

Asie · · · Éditorial

Le Dauphiné Libéré annonce, samedi 31 octobre 2026, que Les Ruchers du Mont Ventoux, entreprise de Vaison-la-Romaine, séduisent la Corée du Sud après le Japon. La maison Augier et fils produit du miel de Provence depuis 1929, selon un reportage plus ancien de ICI Vaucluse. Les détails de cette percée en Asie ne figuraient pas dans les sources consultées.

Je condamne qu’une bonne nouvelle économique nous parvienne en un titre et pas davantage. Ce samedi 31 octobre à 18h50, Le Dauphiné Libéré annonce qu’après le Japon, Les Ruchers du Mont Ventoux séduisent la Corée du Sud. L’entreprise est installée à Vaison-la-Romaine, dans le Vaucluse. Voilà ce que la dépêche consultée permet d’affirmer. Les volumes, le calendrier, les prix et les partenaires, nous n’avons pas pu les vérifier. Nous le disons, parce que la rigueur commence par l’aveu de ce qu’on ignore.

Ce que l’on peut établir tient dans un reportage plus ancien de ICI Vaucluse, le service public de Radio France. Derrière la marque, la maison Augier et fils travaille le miel de Provence depuis 1929. Tous ses miels de lavande sont sous IGP Provence. Elle exportait alors vers l’Angleterre, l’Allemagne, le Japon et les États-Unis, et développait une gamme bio. Son repreneur de 2015, Philippe Roche, ingénieur agronome de formation, disait devoir beaucoup à l’aide à la reprise des réseaux Entreprendre et Initiative Ventoux.

Je condamne qu’on applaudisse l’export sans jamais dire quelle politique publique le rend possible. Une entreprise de Vaison-la-Romaine arrive en Asie. Qui a financé la prospection ? Qui a accompagné les démarches ? Quel guichet a répondu, et à quel coût pour la collectivité ? La dépêche que nous avons sous les yeux ne le dit pas, et nos recherches ne comblent pas ce vide. Un succès dont on ignore les appuis ne peut servir de modèle à personne.

Le reportage de ICI Vaucluse donne pourtant un indice. Le repreneur insistait sur l’aide reçue de réseaux d’accompagnement. C’est précieux, c’est local, c’est utile. Mais ces réseaux ne forment pas une stratégie nationale. Le Japon, puis la Corée du Sud : deux marchés lointains, et dans ce que nous avons pu consulter, aucun plan public qui relierait les producteurs de Provence à ces acheteurs.

Je condamne que le label serve de vitrine sans que l’on explique ce qu’il garantit. Le reportage de radio vantait un « vrai bon miel de Provence, pas trafiqué ». Belle promesse. Elle vaut à Vaison comme en Corée du Sud seulement si les contrôles sont connus, lisibles, vérifiables. L’IGP rattache un produit à un territoire. Qui contrôle, à quelle fréquence, avec quels résultats publiés ? Un acheteur coréen comme un consommateur français ont le droit de le savoir.

Nous ne reprochons rien à cette entreprise. Elle vend un produit, elle trouve des clients, elle fait vivre un nom de Provence. Ce que nous reprochons, c’est l’habitude de saluer l’exploit en une ligne, puis de passer à autre chose. Les petites exportatrices de Provence méritent mieux qu’un entrefilet. Elles méritent des chiffres, des règles, un appui qu’on puisse nommer.

Je condamne enfin ce silence, et je demande des actes précis. Que les services de l’État et de la Région chargés de l’export publient, pour le Vaucluse, la liste des appuis accordés aux producteurs qui visent l’Asie. Que l’organisme de contrôle de l’IGP Provence rende publics ses résultats. Que Le Dauphiné Libéré et ses confrères détaillent volumes, dates et partenaires de cette percée en Corée du Sud. Chacune de ces demandes se vérifie en quelques semaines. Aucune n’exige autre chose que de la volonté.

Le Dauphiné Libéré, 31/10/2026; ICI Vaucluse (Radio France), reportage « Les ruchers du Mont Ventoux », date non précisée

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de M.L..