Fait divers

Je condamne le sort réservé aux malades d’Alzheimer et à leurs proches après la disparition d’Étupes

Fait divers · · · Éditorial

Merima Cvetkovic, 68 ans, atteinte de la maladie d'Alzheimer, a quitté à pied son domicile d'Étupes (Doubs) vendredi 30 octobre 2026 dans l'après-midi. Elle est partie sans téléphone, sans pièce d'identité et sans moyen de paiement. La gendarmerie du Doubs a lancé un appel à témoins ce samedi 31 octobre, les premières recherches n'ayant rien donné.

Je condamne l’angoisse que l’on abandonne aux familles quand un proche malade sort un après-midi et ne rentre pas. Vendredi 30 octobre 2026, Merima Cvetkovic, 68 ans, habitante d’Étupes, dans le Doubs, a quitté son domicile à pied. Depuis, elle n’a pas donné de nouvelles. Elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Ce samedi, la gendarmerie a lancé un appel à témoins.

Les éléments connus sont maigres, et ils disent déjà beaucoup. Elle est partie sans téléphone portable, sans pièce d’identité, sans moyen de paiement. Sa tenue n’est pas connue. Elle mesure 1,58 m, a les cheveux gris et une corpulence normale. Elle a l’habitude de marcher le long du canal du Rhône au Rhin, entre Étupes et Montbéliard. Selon les gendarmes, elle serait partie sans motif apparent et les recherches menées jusqu’ici sont restées vaines. La brigade d’Étupes conduit l’enquête.

Une femme vulnérable, sans papiers ni moyen de joindre qui que ce soit, marche seule à la fin d’octobre, quand la lumière baisse tôt. Cette image n’a rien d’une fatalité. Elle découle d’une organisation collective qui laisse la maladie d’Alzheimer se gérer à la maison, famille par famille, avec un filet que l’on ne voit qu’une fois la chute survenue. Rien, dans ce que l’on sait, ne permet de reprocher quoi que ce soit aux proches de cette dame.

Je condamne que la prévention des départs et des errances de personnes malades repose presque entièrement sur la vigilance de leur entourage. Un entourage ne peut pas veiller sans relâche, jour et nuit. Où sont l’accueil de jour, l’aide à domicile, le répit pour ceux qui accompagnent ? Existent-ils partout, sont-ils accessibles, sont-ils financés à la hauteur des besoins ? Les sources ne le disent pas. C’est pourtant la question que la puissance publique doit à ces familles, et elle doit y répondre chiffres à l’appui.

Chaque heure compte quand une personne désorientée est dehors. Le départ date de vendredi après-midi, l’appel public de samedi. Nous ne faisons aucun reproche aux gendarmes, qui ont engagé des recherches et diffusé le signalement. Nous interrogeons le système tout entier. Quelle coordination existe entre gendarmerie, mairies, secours, associations et riverains pour qu’une alerte circule vite ? Qui connaît les trajets habituels, qui détient une photo récente, qui peut les transmettre en quelques minutes ? Ici, on sait qu’elle aime marcher le long du canal. Ce genre de repère ne devrait pas dépendre de la chance.

Je condamne enfin la discrétion qui entoure ces drames minuscules. Ils tiennent en quelques lignes, entre deux informations plus bruyantes, puis s’effacent. Ils disent pourtant l’état de notre solidarité envers le grand âge et la maladie. Une société se juge à la vitesse à laquelle elle mobilise ses moyens pour une seule femme qui ne sait plus rentrer chez elle.

L’Aurore formule des demandes précises et vérifiables. Que chaque département rende public son protocole de recherche des personnes vulnérables disparues, avec les délais de déclenchement et les partenaires mobilisés. Que les familles de malades suivis puissent déposer à l’avance, auprès de leur brigade, une fiche comprenant photo récente, parcours habituels et signes distinctifs. Que l’État et les départements publient le nombre de places d’accueil de jour et de solutions de répit disponibles, commune par commune, ainsi que le calendrier de leur développement. Que le bilan de ces mesures soit présenté chaque année aux élus.

Pour l’heure, une seule urgence : retrouver Merima Cvetkovic. Toute personne qui l’aurait aperçue est invitée à joindre la brigade d’Étupes au 03 81 94 15 28, ou à composer le 17, joignable à toute heure. Un appel peut suffire. Il ne faut pas attendre pour le passer.

France 3 Régions, 31/10/2026 ; Ma Commune.info, 31/10/2026 ; L'Est Républicain, 31/10/2026

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de Louis R..