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J’appelle le gouvernement à compter les morts de la rue et à ouvrir des places avant l’hiver

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Le collectif Les Morts de la Rue a publié jeudi 29 octobre son rapport annuel. Au moins 927 personnes sans chez-soi sont mortes en France en 2025, contre 938 en 2024, dont 20 enfants de moins de 15 ans. Le collectif précise que ce décompte ne recense que les décès authentifiés par acte de décès.

J’appelle le gouvernement à regarder en face un nombre : 927. C’est le minimum de personnes sans chez-soi mortes en France en 2025, selon le rapport annuel du collectif Les Morts de la Rue, rendu public jeudi 29 octobre. Vingt d’entre elles n’avaient pas quinze ans. Il n’y a pas de manière acceptable de le dire.

Ce chiffre est presque identique à celui de 2024, qui s’élevait à 938. On pourrait y lire une accalmie. Le collectif refuse cette lecture. Il parle d’un palier après plusieurs années de hausse et rappelle que le nombre de décès a été multiplié par 2,2 depuis 2012. Un palier à ce niveau n’a rien d’une victoire. C’est une habitude qui s’installe.

J’appelle l’État à s’arrêter sur la répartition de ces morts. Parmi les 927 personnes, 306 vivaient dans la rue et 264 étaient hébergées. Pour 357 autres, nul ne sait où elles dormaient. Des centaines de décès sont donc survenus dans le dispositif censé protéger, et plus de trois cents échappent à toute localisation. Un pays qui ignore où dormaient ses morts ignore aussi où dorment ses vivants.

Le rapport pèse chaque ligne. Il compte 148 morts violentes. L’âge moyen au décès est de 49 ans, soit trente ans d’écart avec la population générale. L’Île-de-France concentre 355 décès, dont 220 à Paris. À ces 927 morts s’ajoutent 108 personnes décédées après avoir connu la rue, et six autres tout récemment passées par elle. La rue tue plus tôt, plus violemment, et souvent loin des regards.

Le collectif prévient que son chiffre est un plancher. Il ne retient que les morts authentifiées par acte de décès, et la réalité, dit-il, est nécessairement pire. L’écart entre les décomptes n’est pas nouveau. En 2018, les services de l’État avaient recensé 113 décès dans la rue, quand le collectif en comptait au moins 612. L’administration expliquait cette différence par un périmètre plus large chez le collectif. Soit. Mais deux comptes qui divergent à ce point disent qu’aucune référence commune n’existe, et une politique publique ne se pilote pas à l’aveugle.

J’appelle le gouvernement à publier chaque année un décompte public des décès de personnes sans domicile. Il doit reposer sur une méthode ouverte, élaborée avec le collectif qui tient ces registres depuis des années. Il doit distinguer les personnes décédées à la rue, en hébergement et sans lieu connu. Ce qui n’est pas compté n’est pas combattu.

J’appelle les services compétents à examiner les décès survenus en hébergement et ceux des vingt enfants, puis à en rendre publiques les conclusions, sous forme anonymisée. Que s’est-il passé, quelle prise en charge a manqué, à quel moment la chaîne s’est-elle rompue ? Ces questions ont des réponses, et ces réponses appartiennent aux vivants.

J’appelle enfin le pouvoir exécutif à rendre public, avant l’hiver, un calendrier chiffré d’ouverture de places d’hébergement, avec des dates et des lieux que chacun pourra contrôler. La présidente du collectif, Bérangère Grisoni, juge cette réalité « souvent très méconnue ». Elle ne le sera plus si l’État choisit de la compter, de l’expliquer et d’agir. Nous attendrons les actes, et nous les vérifierons.

Éditorial rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sous la responsabilité de A.D..